Le rôle éminent du cardinal Journet
«En tant que cardinal, Charles Journet était une personnalité appréciée; il était très estimé par le pape Paul VI. C’est pourquoi, pendant la Guerre des Six Jours, en 1967, on a sollicité son aide. La situation étant dramatique pour l’Etat hébreu – on pensait même à une sorte de répétition d’Auschwitz, à l’extermination de la population juive d’Israël – les autorités israéliennes m’ont demandé de prendre contact avec le cardinal Journet pour qu’il intervienne auprès du pape Paul VI en faveur d’Israël et du peuple juif. Dans ce moment historique, le Vatican pourrait reconnaître l’Etat d’Israël; si un geste de compréhension venait de Rome, il pourrait amener la réconciliation de l’Eglise et de la Synagogue…»
Alexandre Safran s’est rendu au Grand Séminaire de Fribourg, où il fut reçu dans une ambiance de profonde piété. «J’ai parlé avec lui. Il s’est penché avec moi, avec un profond recueillement, sur un chapitre des psaumes. Quand nous nous sommes séparés, le cardinal Journet était tellement ému – et cela montre son humilité et sa modestie – qu’il m’a demandé la permission de m’embrasser». Dans la lettre qu’il lui a écrite le lendemain, et qui témoigne de la grandeur spirituelle de ce moment, le cardinal Journet souhaite que Dieu écoute «notre double et unique prière et que vienne sur le monde le règne de son amour». «Comme il me l’avait promis, il est certainement intervenu auprès du pape, mais il a fallu attendre près de vingt ans après sa mort pour que le Vatican reconnaisse enfin l’Etat d’Israël». (apic/be)



