«Le Rosaire» distribuait Bibles et argent aux pauvres

Mexique: Le «leader spirituel» d’un cartel abattu par les forces de l’ordre

Mexico City, 16 décembre 2010 (Apic) Nazario Moreno Gonzalez, dit «El Chayo» (Le Rosaire) ou «El Doctor», baron de la drogue et «leader spirituel» du cartel «La Familia» aurait été abattu par la police fédérale mexicaine. Le sauveur autoproclamé du peuple asseyait son pouvoir sur un mélange subtil de violence et de prédication.

«Le Plus Fou», comme il était appelé au Mexique, serait mort le jeudi 9 décembre lors d’un combat de deux jours entre le cartel et les forces armées mexicaines dans l’Etat de Michoacán, sur la côte pacifique, si l’on en croit Alejandro Poiré, porte-parole du gouvernement mexicain. Mais d’après l’édition du 16 décembre de «La Cronica de Hoy», quotidien mexicain, le Ministère publique du Mexique – la «Procuraduría General de la República» (PGR) – n’a pas pu confirmer le décès. Le corps n’a pas été retrouvé et le doute plane, selon les journaux locaux et sur le web. Serait-il possible que le «Messie» du cartel ressuscite?

Nazario Moreno Gonzalez était un «leader spirituel» qui usait de son pouvoir pour recruter des criminels, selon le gouvernement mexicain. Il aurait banni l’usage de la drogue et de l’alcool dans son cartel et distribuait des Bibles et de l’argent aux pauvres, a relaté la chaîne d’informations américaine CNN le 15 décembre. Le «Huffington post», journal d’information américain publié exclusivement sur Internet, a également raconté le 11 décembre que «Le Docteur» avait rédigé un ouvrage sur les valeurs morales pour son cartel, intitulé: «Les dires du Plus Fou».

Un chef «regretté»

Durant le week-end et suite à l’annonce de la mort du baron de la drogue, des manifestations de soutien et de deuil ont eu lieu dans l’état de Michoacán. Ainsi, des enfants portaient des pancartes ayant, par exemple, pour titre: «Nazario vivra toujours dans notre cœur», a relaté CNN.

Selon l’édition du 16 décembre du quotidien vénézuélien «El Universal», Servando Gómez, chef opérationnel du cartel, reconnaissant la situation difficile de «La Familia», s’est adressé aux membres de cette dernière: «Tous unis, nous obtiendrons ce que désirait Le Docteur et qu’il nous a inculqué avec beaucoup de tendresse. (…) Bien que certaines personnes n’aient pas compris son message et qu’ils l’accusent d’être un délinquant et une mauvaise personne, ce sont des mensonges. Ceux qui l’on connu savent au fond quel grand cœur il avait.»

«La Familia»

La mort du «Rosaire» serait une victoire significative pour le gouvernement mexicain, même si le cartel n’a pas été amputé de tous ses chefs. Nazario Moreno Gonzalez était arrivé à la tête de «La Familia» lorsque le gang s’était séparé du «cartel du Golfe», revendiquant son indépendance en faisant rouler plusieurs têtes dans une discothèque de la ville d’Uruapan, dans l’état du Michoacán. D’après CNN, un message laissé lors de cette macabre mise en scène affirmait: «La Familia ne tue pas pour l’argent, ne tue pas les femmes, ne tue pas les innocents. Ceux qui meurent sont ceux qui doivent mourir. Tout le monde doit le savoir: c’est la justice divine.»

Pour Alejandro Poiré, «La Familia» n’est pas seulement un producteur et trafiquant de drogue, mais elle kidnappe et tue également des gens. Le cartel est intensivement combattu, aussi bien sur sol mexicain qu’aux Etats-Unis. Selon un article publié le 10 décembre dans le quotidien américain «New York Times», Morelia, la forteresse de «La Familia» et la capitale du Michoacán, est la ville de naissance du président mexicain, Felipe Calderón, qui a fait de la pacification de son pays une priorité nationale. Elle se situe à quatre heures de route seulement de Mexico. 5’500 membres des forces armées et de la police sont donc présents dans l’état du Michoacán depuis le début de la guerre contre les cartels. En novembre dernier, des agents fédéraux des Etats-Unis ont arrêtés 303 personnes suspectées de lien avec le cartel dans la «plus grande offensive jamais entreprise contre un cartel mexicain», d’après Eric Holder, procureur général des USA. (apic/CNN/New York Times/La Cronica de Hoy/amc)

16 décembre 2010 | 16:03
par webmaster@kath.ch
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