Le sacerdoce est marqué par «la beauté de la fraternité»

Calabre: Dans un bastion de la mafia, le pape rappelle la nécessité de la réinsertion des détenus

Reggio de Calabre, 21 juin 2014 (Apic) Le Pape François est arrivé en Calabre peu après 9h du matin, le samedi 21 juin 2014. A la prison de Castrovillari, par laquelle il a commencé sa visite, il a rappelé l’importance de la réinsertion des détenus. Rencontrant des prêtres, en fin de matinée, dans la cathédrale de Cassano allo Jonio, le pontife a souligné que le sacerdoce était aussi marqué par la «beauté de la fraternité».

Cette quatrième visite pastorale en Italie se fait sur une terre meurtrie, gangrénée par la corruption, le manque de travail et le crime organisé, rapporte Radio Vatican. En Calabre, le chômage des jeunes de moins de 25 ans bat des records avec plus de 55 %, un terrain propice à la mafia locale, la N’drangheta, qui a tissé sa toile dans la région et s’est infiltrée dans le tissu social, économique et politique.

C’est précisément dans la ville de Cassano all’Jonio qu’un enfant de trois ans, Cocò Campolongo, a été assassiné en janvier dernier puis brûlé dans une voiture aux côtés de son grand-père, dans le cadre d’un règlement de compte mafieux. Un crime fermement condamné par le Saint-Père, qui avait appelé les assassins à se convertir.

La lutte contre le crime organisé est l’une des préoccupations majeures du pape. En mars dernier, le Saint-Père avait participé à une veillée de prière à Rome en mémoire des victimes italiennes de la mafia. Et c’est à un évêque italien, Mgr Giancarlo Maria Bregantini, connu pour ses prises de positions contre la mafia calabraise, qu’il avait confié les méditations du chemin de Croix du Vendredi Saint, au Colisée.

La prison, pas seulement une mesure de punition

Pour sa première intervention en Calabre, dans la prison de Castrovillari, le pape a évoqué la réinsertion des détenus dans la société. «L’exécution de la peine ne doit pas être dégradée à un unique instrument de punition et de rétorsion sociale, à la fois nocif pour l’individu et pour la société», a-t-il souligné. Le pontife a soutenu que les conditions d’exécution des peines devaient être accompagnées et complétées par un engagement concret des institutions pour une réinsertion effective dans la société. Et ce parcours n’est pas seulement humain, mais dans ce cheminement entre aussi «la rencontre avec Dieu», a lancé le pape aux détenus: «la capacité de nous laisser regarder par Dieu qui nous aime, qui est capable de nous comprendre et de pardonner nos erreurs».

En choisissant la prison de Castrovillari, le pape François a choisi d’exprimer sa proximité avec ces détenus, mais aussi avec tous les hommes et les femmes qui se trouvent en prison, partout dans le monde.

Le pontife leur a enfin demandé de prier pour lui, car lui aussi «a ses erreurs et doit faire pénitence».

Le père de Cocò Campolongo, ainsi que l’homme accusé d’avoir assassiné le Père Lazzaro, début mars, en Calabre, purgent actuellement leur peine dans la prison visitée par le pape.

Joie et fraternité du sacerdoce

Rencontrant en fin de matinée les prêtres dans la cathédrale de Cassano allo Jonio, le pape a évoqué la joie d’être prêtre et la beauté de la fraternité. Il s’est réjoui de ce qu’il y a de plus beau dans le sacerdoce: la «surprise toujours renouvelée d’être appelé par le Seigneur Jésus. Appelé à Le suivre, à Le porter aux autres, avec Sa parole et Son pardon».

Le pontife a relevé que la joie ne venait pas sans un bémol. «Il n’est parfois pas facile de rester devant le Seigneur, car nous sommes pris par tant de choses, tant de personnes ».

Concernant la fraternité, le pape a insisté sur la nécessité d’« être prêtre ensemble, de suivre le Seigneur non pas seuls, mais ensemble ». Une impulsion qui ne va pas de soi, car aujourd’hui, les prêtres sont immergés dans une culture qui «exulte le ‘je’ jusqu’à l’idolâtrer». Et de mettre en garde contre un «certain individualisme pastoral qui est malheureusement diffus dans nos diocèses.»

Le pontife a également encouragé les prêtres dans leur travail avec les familles et pour la famille, «en ces temps difficiles aussi bien pour la famille comme institution que pour les familles victimes de la crise». (apic/rv/rz)

21 juin 2014 | 15:46
par webmaster@kath.ch
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