Le Saint-Siège avait condamné de récents développements religieux en Chine
Chine: Pékin juge la réaction du Vatican «imprudente» et «infondée»
Rome, 22 décembre 2010 (Apic) Pékin a qualifié mercredi d’»imprudente» et d’»infondée» la réaction du Vatican condamnant de récents développements religieux en Chine. Le Bureau chinois des Affaires religieuses a rejeté, le 22 décembre 2010, les critiques du Vatican, 5 jours plus tôt, concernant la récente assemblée de l’Eglise officielle et l’ordination d’un évêque «illégitime», c’est-à-dire non reconnu par le Saint-Siège.
Cité par l’agence officielle Chine nouvelle, un porte-parole de l’administration d’Etat à Pékin a ainsi jugé la réaction du Saint-Siège «extrêmement imprudente» et «infondée».
Interpellé ensuite par l’agence de presse I.MEDIA à Rome, le porte-parole du Vatican, le Père Federico Lombardi, n’a pas souhaité faire de commentaire. Soucieux de ne pas multiplier les réactions, le Père jésuite a estimé que les précédentes déclarations du Saint-Siège étaient pour l’heure suffisantes.
Le 17 décembre dernier, le Saint-Siège avait qualifié d’actes «inacceptables» et «hostiles» la tenue à Pékin de la 8e Assemblée nationale des représentants catholiques – l’Eglise officielle -, du 7 au 9 décembre, et la célébration sans mandat pontifical, une vingtaine de jours plus tôt dans la province du Hebei, d’une ordination épiscopale.
«Grave violation des droits de l’homme» et tentative de manipulation de l’Eglise
Rome, qui avait inhabituellement publié auparavant plusieurs communiqués de mise en garde, avait alors jugé que ces actes avaient «détérioré unilatéralement le dialogue et le climat de confiance». Le Vatican avait ainsi particulièrement déploré que des évêques et des prêtres aient été forcés à participer à l’assemblée de l’Eglise officielle, évoquant une «grave violation des droits de l’homme». Désormais, c’est le Bureau chinois des Affaires religieuses qui juge à son tour la réaction vaticane comme une «attaque contre la liberté religieuse en Chine».
Depuis mi-novembre, après quelques déclarations volontairement positives en raison d’un accord croissant sur les nominations épiscopales, le Saint-Siège a maintes fois réagi devant ce qu’il voit comme une nouvelle restriction de la liberté religieuse des catholiques en Chine. Rome souhaite ainsi que Pékin renonce à manipuler de l’intérieur l’organisation de l’Eglise en Chine pour accepter enfin que ses citoyens jouissent d’une véritable liberté religieuse.
Un Chinois à Propaganda fide ?
Un autre événement pourrait bientôt envenimer plus encore les relations entre Rome et Pékin. Ainsi, les rumeurs vont bon train au Vatican sur la prochaine nomination d’un Chinois au poste de secrétaire de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples (anciennement «Propaganda fide»), puissant dicastère en charge des terres de mission, dont l’empire du Milieu.
Selon la presse italienne et des sources proches du dossier, Benoît XVI aurait choisi de nommer à ce poste le Père salésien Savio Hon Tai-Fai, membre de la Commission théologique internationale et professeur de théologie systématique au séminaire de Hong Kong (Chine). Celui-ci succéderait alors au cardinal Robert Sarah, nommé en octobre dernier à la tête du Conseil pontifical «Cor Unum». (apic/imedia/lb/ami/be)



