Le Saint-Siège et la France, «alliés» dans la lutte pour le climat
Rome: Nicolas Hulot salue la «complicité» de l’Eglise pour la protection de la planète
Rome, 17 décembre 2014 (Apic) L’envoyé spécial du président de la République française pour la protection de la planète, Nicolas Hulot, a effectué une nouvelle visite au Vatican le 16 décembre 2014. Venu attirer l’attention de ses interlocuteurs sur l’urgence des enjeux climatiques, l’écologiste a noté une certaine «complicité» avec l’Eglise sur cette question. Il a espéré que le pape François puisse se rendre au Mont-Saint-Michel lors de son déplacement en France, qui pourrait avoir lieu courant 2015, avant le sommet de Paris sur le climat. Si le pape devait se rendre en France en 2016, il ne manquerait pas, cependant, de faire en sorte que le sommet sur le climat soit «un succès», a confié Nicolas Hulot à l’agence I.MEDIA.
Après sa première visite au Vatican en novembre 2013, Nicolas Hulot a donc de nouveau rencontré plusieurs responsables de la curie romaine: le cardinal secrétaire d’Etat Pietro Parolin, le secrétaire du Conseil pontifical Justice et Paix Mgr Mario Toso, et le président du Conseil pontifical de la famille Mgr Vincenzo Paglia.
Lors d’une rencontre avec une poignée de journalistes, Nicolas Hulot a assuré être venu plaider en faveur d’un déplacement du pape, courant 2015, dans un lieu universellement connu de «conciliation» entre l’homme et la nature, à savoir la célèbre baie du Mont-Saint-Michel.
Une petite étincelle
Lors du voyage du pape dans l’Hexagone, qui pourrait avoir lieu en 2015 début juin ou bien entre fin août et début septembre, Nicolas Hulot estime qu’un passage au Mont-Saint-Michel permettrait «d’aider la France dans son rôle» à l’approche de la grande conférence climatique internationale prévue dans la capitale en décembre. Cette destination pourrait se heurter, confie-t-on cependant au Vatican, à l’absence de caractère pastoral du lieu et à l’exiguïté de l’îlot rocheux.
S’il note que «le pape a déjà dit l’essentiel sur ces sujets-là», Nicolas Hulot estime qu’il faut créer «un événement», une «petite étincelle de raison et de sagesse» face au fatalisme ou à la résignation de beaucoup. «Qui mieux que le pape peut le faire ?» s’interroge l’ancien militant écologiste, souhaitant même que cet événement puisse avoir une dimension multiconfessionnelle. Au-delà des engagements politiques et économiques, dit-il, «nous avons besoin de ceux qui pourraient valider un capital de valeurs».
Encore beaucoup d’inconnues sur la visite du pape
Après son entretien avec le secrétaire d’Etat du Saint-Siège, Nicolas Hulot a confié à l’agence I.MEDIA qu’il avait eu le sentiment de rencontrer «un allié» en vue d’aider la France à «créer les meilleurs conditions pour faire du sommet de Paris un succès». Le cardinal Pietro Parolin a invité la France à «proposer différentes alternatives en vue de créer un évènement propice à une déclaration multiconfessionnelle en amont du sommet de Paris». Ceci, a encore expliqué Nicolas Hulot à I.MEDIA, dépend également de la date du déplacement du pape François dans l’Hexagone, qui pourrait tout aussi bien avoir lieu en 2016.
Les responsables de l’épiscopat français s’apprêtent en effet à proposer différents lieux au pape François dans les jours prochains. Par ailleurs, le Vatican doit encore trancher sur la date précise du déplacement du pape.
Ecologie humaine
Nicolas Hulot se félicite en outre de l’annonce de la sortie, au plus tard au printemps prochain, d’une encyclique du pape François consacrée à l’écologie. S’il juge que les Eglises, par le passé, n’étaient «pas très audibles» sur cette question, il constate avec plaisir une véritable mobilisation au Vatican et même «une grande complicité» avec les vues de la France qui a pris désormais «la tête de la diplomatie climatique». A la question de savoir s’il souscrira à l’ensemble de ce que pourrait contenir cette encyclique consacrée à «l’écologie humaine», Nicolas Hulot attend de lire ce document pontifical mais espère «un texte qui rassemble et non pas qui divise». Il soutient cependant qu’il se bat «pour l’homme» et que la France et le Saint-Siège peuvent «se retrouver sur beaucoup de choses».
L’écologiste mise également sur le déplacement du pape François aux Etats-Unis en septembre 2015. Il espère qu’il pourra s’adresser au monde depuis la tribune des Nations Unies à l’occasion du Sommet sur le développement durable prévu à New York au même moment.
L’Elysée voit actuellement dans le pape François un allié en matière d’environnement, l’un des rares thèmes qui ne soit pas sujet à polémique entre les deux parties. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le gouvernement français a dépêché à la dernière minute, pour accueillir le pape François à Strasbourg le 25 novembre dernier, la ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie. Sur le tarmac de l’aéroport, Ségolène Royal et le pape François avaient d’ailleurs brièvement évoqué le sujet de l’écologie. Un thème «très important», a glissé au pape la ministre. (apic/imedia/ami/rz)



