Zurich: Il faut travailler l'histoire sanglante de la Réformation
Le secrétaire général du COE veut une approche ‘humble’
Zurich, 8 octobre 2013 (Apic) Le Secrétaire général du Conseil oecuménique des Eglises (COE), le pasteur Olaf Tveit, a appelé à réfléchir aussi sur l’histoire sanglante de la Réforme. S’exprimant devant les participants au Congrès international organisé à Zurich, en vue du 5e centenaire de la Réformation, le pasteur norvégien a invité à regarder humblement le passé.
Pour le secrétaire général du COE, le progrès le plus significatif dans le rapprochement des Eglises chrétiennes est la lecture commune de la Bible. La traduction œcuménique de la Bible (TOB) dans une langue simple permet sa diffusion dans le monde. Mais le but de l’œcuménisme ne peut pas se limiter à cela. Il doit rester la célébration commune du service de Dieu dans la communion eucharistique.
Olav Tveit a rappelé que la Réforme a conduit à de nombreuses guerres et divisions. Il s’agit aussi de se demander aujourd’hui comment de telles discordes ont pu survenir. Le pasteur a qualifié l’arrivée de la Réforme dans son pays, la Norvège, de ‘colonisation’. L’Eglise catholique dut céder à la couronne le tiers de ses biens, les évêques durent partir. Dans ce sens la Norvège a perdu une part de son identité. Par rapport à ce passé, le pasteur a mis en garde contre le danger d’imposer à d’autres cultures l’Evangile comme unique vérité.
Le poids des martyrs chrétiens
Le pasteur Tveit a évoqué aussi les martyrs chrétiens tués par les membres d’autres Eglises. La mémoire de ce passé reste un défi très particulier sur le chemin de l’unité des Eglises. En Suisse, par exemple, des initiatives ont été lancées pour demander pardon pour la persécution sanglante dont furent victimes les anabaptistes peu de temps après la Réforme de Zwingli à Zurich.
«Nous devons nous demander ce que nous pouvons tirer du temps de la Réforme pour la poursuite du mouvement œcuménique», a relevé le pasteur Tveit. La pratique eucharistique de la Réforme a ainsi préparé en quelque sorte la réforme de la liturgique catholique voulue par Vatican II. «Il faut nous interroger sur le sens théologique du changement de la réforme ou du renouveau. La préparation du jubilé de la Réforme doit être humble, honnête et pleine d’espérance», a conclu le pasteur Tveit. (apic/gs/mp)



