Kenya: Changements climatiques: un professeur tire la sonnette d’alarme
Le Sommet de Copenhague laisse les vulnérables à leur sort
Nairobi, 7 janvier 2010 (Apic) Les communautés vulnérables ont été laissées à leur sort face aux changements climatiques, devant s’adapter en ne pouvant compter que sur Dieu, sous peine de disparaître. Telle est, selon un théologien et écologiste kenyan, la conséquence de l’échec de la conférence des Nations Unies de Copenhague à accepter des engagements contraignants.
« Elles ne doivent pas s’attendre à obtenir une aide significative de la part des pays qui sont les plus responsables des émissions historiques », a déclaré Jesse Mugambi, professeur d’études religieuses à l’Université de Nairobi, au correspondant d’ENI le 4 janvier. « C’est devenu une évidence à travers les déclarations politiques des responsables des délégations à Copenhague. »
Les communautés vulnérables, a-t-il affirmé, devront mettre en place leurs propres mécanismes d’adaptation aux changements climatiques, qu’elles reçoivent ou non un soutien de leur gouvernement ou d’agences étrangères.
Jesse Mugambi était présent à Copenhague en décembre pour la conférence de l’ONU, en tant que membre d’un groupe de travail du Conseil œcuménique des Eglises sur les changements climatiques.
Dans la capitale danoise, des délégations de 192 pays ont cherché à trouver un accord sur les suites à donner à la première phase du protocole du Kyoto, un accord négocié par les Nations Unies visant à limiter les émissions des gaz à effet de serre qui entraînent les changements climatiques. Le protocole expire à la fin de 2012.
Jesse Mugambi a déclaré regretter que les négociations n’aient pas réussi à produire des engagements contraignants en vue d’une réduction des émissions de gaz à effet de serre, d’un déblocage de ressources financières suffisantes pour aider les communautés à s’adapter et de l’adoption de mesures permettant d’atténuer les dégâts qui ont déjà été causés.
« Aucun accord contraignant n’a été signé », a-t-il déploré. « Il n’existe pas de mécanisme garantissant qu’un pays tiendra ses engagements et ses promesses. »
Les propos du théologien kenyan sont intervenus alors que des inondations liées au phénomène climatique El Niño continuent d’entraîner la mort et la destruction au Kenya. Plus d’une vingtaine de personnes ont péri depuis la fin 2009, selon les médias.
Jesse Mugambi a affirmé que certains Etats ont contrevenu en toute impunité au protocole de Kyoto, qui exige des pays industrialisés qu’ils réduisent leurs émissions par habitant à un niveau au moins 40% plus bas que celui de 1990. Au lieu de réduire leurs émissions, la plupart des pays les ont augmentées. (apic/eni/js)



