«Le soutien de la Mission intérieure nous a ouvert d'autres portes»
150 ans de la Mission Intérieure
Fribourg: L’église paroissiale de Nuvilly a été entièrement restaurée en 2006-2007
Nuvilly, 27 mai 2013 (Apic) L’œuvre d’entraide catholique «Mission Intérieure» fête cette année son 150e anniversaire. Parmi les quelque 1’900 projets qui ont bénéficié de son soutien, figure la récente restauration de l’église paroissiale de Nuvilly, dans la Broye fribourgeoise. La présidente de paroisse Marie-Thérèse Marchon évoque cette période de recherche effrénée de soutiens pour ce chantier qui aura coûté 1,23 million de francs.
L’église baroque St-Jacques de Nuvilly, à une dizaine kilomètres de Payerne, date de la fin du 17e siècle. Juchée sur les hauteurs de ce village de 400 habitants, dont 233 sont catholiques, elle a subi quelques travaux de restauration partiels au 19e siècle et au milieu du 20e siècle. Mais plus rien durant près de 60 ans.
Lors de son accès au conseil paroissial en 2003, où elle assume la présidence, Marie-Thérèse Marchon prend connaissance d’un rapport de l’ancien conseil sur l’état de délabrement de l’édifice. Le budget des travaux atteint 1,23 million de francs. «Les murs étaient noircis à cause de l’humidité, et une odeur persistante de moisissure flottait dans l’église. En démontant les stalles, nous avons remarqué qu’elle provenait des poutres qui étaient posées sur la terre», explique l’enseignante à la retraite. Et ce n’est de loin pas tout. L’installation électrique, apparente, ne correspondait plus aux normes de sécurité. L’éclairage, formé d’un seul lustre, était nettement insuffisant. Les trois autels étaient complètement ternis, alors que le tableau du maître autel était recouvert d’une couche de poussière et de fumée. Le chauffage devait être transformé et l’orgue principal, rongé par les vers, devait être démonté car il ne fonctionnait plus depuis plusieurs années. Il avait été remplacé en 2001 par un orgue électronique, car sa restauration aurait coûté 350’000 francs. Seuls les bancs d’église échappaient à l’inventaire des travaux de restauration.
Comment trouver 1,23 million de francs?
Après une rencontre avec les responsables du Service des biens culturels du canton de Fribourg, débute pour les cinq femmes du conseil paroissial une nouvelle étape à laquelle elles n’étaient pas vraiment préparées: la recherche de fonds. Marie-Thérèse Marchon se souvient du premier don, de 20 francs, tombé juste à Noël 2005. «Un bon présage», affirme-t-elle. Les années suivantes, elle empoignera son bâton de pèlerins pour frapper à toutes les portes qui se présentent à elle. Les subsides du Canton et de la Confédération rapportent ensemble 376’000 francs. Le principal donateur sera finalement la Loterie romande, avec 300’000 francs. La paroisse (100’000 francs) et la commune de Nuvilly (30’000 francs) mettent également la main à la poche, de même que la Mobilière assurance (30’00 francs). Une loterie organisée par le conseil paroissial rapporte 17’450 francs, alors que les gestes de solidarité affluent d’un peu partout. Mais tout cela ne suffit pas à rassembler le montant nécessaire. C’est alors qu’en 2004, le conseil paroissial sollicite auprès de la Mission Intérieure un prêt de 100’000 francs afin de pouvoir démarrer les travaux. La demande est acceptée.
Puis débute la procédure d’une demande d’aide, toujours auprès de la Mission Intérieure. Elle est d’abord transmise à l’évêché dont dépend la paroisse, avec un dossier complet: questionnaire, décision de l’assemblée paroissiale, recommandation du Service des biens culturels et appui du Service fédéral de la culture, comptes de la paroisse, photos de l’édifice, plaquette de la campagne de recherche de fonds, … Le conseil épiscopal présente ensuite la candidature au comité de direction de la Mission Intérieure. Selon un tournus bien établi, tous les deux ans une paroisse de chacun des six diocèses reçoit un tiers du produit de la quête nationale de l’Epiphanie. Le montant est attribué ainsi: la moitié est cédée sous forme de don à fonds perdu et l’autre moitié est constitué d’un prêt sans intérêt, remboursable dans les dix ans.
Le tour du diocèse de Lausanne; Genève et Fribourg devait échoir en 2007. La demande de la paroisse de Nuvilly, accordée pour cette année-là, sera finalement repoussée en 2009 suite à une situation d’urgence.
La quête de l’Epiphanie 2009 avait rapporté, tous frais déduits, 510’000 francs. C’était un peu moins que les années précédentes, car il y avait eu d’autres demandes de solidarité peu auparavant en Suisse, se rappelle Marie-Thèrèse Marchon. L’année 2008 avait effectivement été marquée par une liste impressionnante de catastrophes: séismes en Chine et au Pakistan, cyclone Nargis en Birmanie, vague de froid en Amérique du Nord et en Europe, … .
Le soutien de la Mission Intérieure ouvre des portes
Sur les 170’000 francs accordés à la paroisse de Nuvilly, le conseil a accepté avec reconnaissance le don à fonds perdu de 85’000 francs. Il l’utilisera pour rembourser le prêt de 100’000 francs contracté au début des travaux. Puis la Mission Intérieure renoncera à encaisser les 15’000 francs restants. Quant aux autres 85’000 francs de prêt, la paroisse y renoncera afin de ne plus contracter de dettes auprès de la Mission Intérieure.
Le soutien de la plus ancienne œuvre d’entraide catholique de Suisse ouvrira ensuite d’autres portes. «J’ai reçu des offres de soutien de personnes que je ne connaissais pas, en Suisse allemande surtout. Elles nous ont fait des dons importants, et même parfois très importants», se rappelle la présidente de paroisse. Un mécène de Berne a ainsi offert l’autel principal en pierre de Soleure et la restauration des tableaux des deux autels latéraux.
«Nous n’avons pas un seul franc de dette sur les travaux de restauration», lance, avec un brin de fierté et surtout un grand soulagement Marie-Thérèse Marchon. Le dernier don, les 5’000 francs nécessaires pour boucler les comptes, sera le plus difficile à trouver. Après plusieurs sollicitations, ce sera finalement une banque de la région qui fera ce geste bienvenu.
Comment se sont déroulés les contacts avec la Mission Intérieure? Les responsables sont venus sur place après la fin des travaux pour constater l’état de l’église restaurée. Cependant, les contacts ont été fréquents auparavant, par téléphone ou par courrier. «Nous avions parfois un peu de peine à nous comprendre à cause de la langue, mais les relations ont été excellentes et bienveillantes», assure Marie-Thérèse Marchon.
Encadré:
La Mission Intérieure a été fondée en 1863 par le médecin de campagne Johann Melchior Zürcher. Elle est la plus ancienne œuvre d’entraide catholique de Suisse. Elle a participé au financement de quelque 1’900 restaurations d’églises et projets pastoraux. Le seul travail de restauration soutenu hors de la Suisse a été celui de la chapelle «San Martino degli Svizzeri» de la Garde suisse pontificale au Vatican.
Le 2 juin 2013, La Mission Intérieure et la Conférence des évêques suisses fêtent ensemble leur 150e anniversaire à l’abbaye d’Einsiedeln. Programme sur le site internet http://www.im-solidaritaet.ch/
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