Congo-Brazzaville : Lutte contre le trafic et la traite des enfants

Le succès d’une expérience pilote de l’Eglise catholique dans ce domaine cité en exemple

Brazzaville, 25 avril 2010 (Apic) Plus de cinquante participants à un séminaire de définition et d’harmonisation d’un cadre juridique national de lutte contre le trafic et la traite des enfants au Congo (Brazzaville), ont salué l’expérience pilote menée conjointement depuis 2007 à Pointe-Noire, par l’UNICEF, la Commission «Justice et Paix » de l’Eglise catholique locale et l’association de lutte contre la traite en Afrique de l’ouest.

Réunis cette semaine à Pointe-Noire, ces représentants de l’Etat, de la communauté béninoise au Congo (Brazzaville), de l’UNICEF, de sociétés privées, de médias, d’Organisations non-gouvernementales (ONG) et d’associations, ont préconisé la poursuite de cette expérience. Ils ont aussi recommandé une sensibilisation, par les églises et mosquées, au phénomène du trafic et à la traite des enfants. Ils ont en outre préconisé la redynamisation des activités de l’équipe locale de coordination, la confidentialité dans le traitement des cas, le respect des procédures d’identification, la réinsertion ou le rapatriement, et le suivi « systématique » des enfants rapatriés, l’intensification de la communication de proximité.

Le Congo plaque tournante de la traite des enfants

Selon l’agence de presse d’Afrique centrale, Africa-info, le phénomène du trafic et de la traite des enfants a pris de l’ampleur, ces dernières années, au Congo, devenu une plaque tournante, à cause de la position de Pointe-Noire. Seconde ville et capitale économique du pays, cette localité concentre l’essentiel des activités économiques du pays dont l’exploitation pétrolière. C’est le plus important port en eau profonde dans le Golfe de Guinée.

Le trafic et la traite des enfants au Congo ont été révélés par une étude menée en 2006. La lutte contre ce phénomène a souvent rencontré « des obstacles » liés à la résistance des familles d’origine des enfants, au vide juridique qui fait que les services de l’Etat participent marginalement à la lutte. Le manque de coordination et de mise en œuvre des actions menées, les difficultés de mobiliser les ressources financières nécessaires, viennent s’ajouter aux raisons de la situation actuelle.

Au grand marché de Pointe-Noire, des jeunes filles, âgées de 13 à 16 ans, sont assises derrière les étals bien achalandés. Certaines, de même âge, circulent dans les allées du marché, d’autres encore arpentent les avenues du centre ville, plateau de bananes ou d’oranges sur la tête. Ces jeunes vendeuses au marché et vendeuses ambulantes sont pour la plupart des étrangères, en majorité des béninoises et de la République démocratique du Congo (RDC), « achetées » pour faire des travaux forcés loin de leur pays natal.

Pour la ministre congolaise des Affaires sociales, Emilienne Raoul, le protocole additionnel à la Convention des Nations-Unies contre la criminalité transnationale organisée, visant à prévenir et à réprimer la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants, recommande de « combattre la (cette) pratique, de protéger et d’aider les victimes et de promouvoir la coopération inter-Etats ». (apic/ibc/js)

25 avril 2010 | 16:13
par webmaster@kath.ch
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