Corée du Sud: Les responsables religieux appellent les à lutter contre les suicides

Le suicide est une menace pour la société

Seoul, 24 mai 2012 (Apic) Les représentants des principales religions de Corée du Sud – catholicisme, protestantisme, confucianisme, bouddhisme chondo-gyo et bouddhisme won – ont lancé un appel pressant à la population sud-coréenne, lui demandant de réagir à la vague de suicides sévissant parmi les anciens employés de ’Ssangyong Motors’.

L’agence d’informations des Mission étrangères de Paris ’Eglises d’Asie’ rapporte que les chefs religieux ont tenu une conférence de presse le 17 mai 2012 pour dénoncer le phénomène des suicides. Mgr Matthias Ri Iong-hoon, président du Comité ›Justice et Paix’ de la Conférence des évêques catholiques de Corée du Sud, a rappelé que le 30 mars dernier, Lee Yun-hyung, âgé de 36 ans, s’était donné la mort, devenant ainsi la 22ème victime de la série noire touchant les ex-salariés de l’usine de Ssangyong Motors à Pyeongtaek. «Ce suicide était prévisible et aurait pu être évité, mais la société n’a pas pris cette menace au sérieux», a déploré l’évêque de Suwon. Lee Yun-hyung avait fait partie des militants qui s’étaient opposés aux licenciements massifs décidés par le constructeur automobile en 2009. Après son départ forcé, il n’avait jamais pu retrouver de travail. Dépressif et criblé de dettes, il avait vendu sa maison et sa voiture avant de se suicider en sautant du toit d’un immeuble.

Un taux de suicide record

Si l’inquiétude des leaders religieux sud-coréens face au taux élevé des suicides dans le pays n’est pas nouvelle, la mobilisation des représentants de toutes les religions de Corée est aussi symbolique qu’inhabituelle. La Corée du Sud, avec un ratio de 31 pour 100 000, détient le triste record du taux de suicide le plus élevé parmi les Etats membres de l’OCDE, suivi de près par le Japon.

Ce fort taux de suicide est également devenu aujourd’hui une préoccupation majeure du gouvernement, qui en avril dernier a promulgué une loi obligeant toutes les collectivités à créer des centres de prévention au suicide et à installer des services téléphoniques d’urgence.

Mais pour les Sud-Coréens, le drame des employés de Ssangyong Motors représente bien plus qu’un exemple parmi d’autres des licenciements collectifs qui ont touché bon nombre d’entreprises ces dernières années. Pas un jour ne se passe sans que la presse n’évoque l’affaire qui a été vécue comme un traumatisme par la Corée du Sud pour laquelle il s’agissait des premiers licenciements massifs depuis le début de la crise économique. (apic/eda/mp)

24 mai 2012 | 09:54
par webmaster@kath.ch
Partagez!