Tunisie: Des mosquées transformées en dépôts d'armes et en bases arrières du terrorisme

Le Syndicat des cadres religieux lance un cri d’alarme

Tunis, 2 octobre 2013 (Apic) Le Syndicat des cadres religieux de Tunisie (SCRT) a alerté l’opinion publique nationale sur les «dérives» religieuses qui ont cours depuis deux ans dans le pays. Selon le secrétaire général du Syndicat, Fadhel Achour, des mosquées sont transformées en dépôts d’armes et en bases arrières du terrorisme, où les prédicateurs montent les Tunisiens les uns contres les autres

Le SCRT envisage de porter plainte contre le ministère des Affaires religieuses tunisien pour avoir «abandonné» plus de 200 mosquées aux salafistes, rapporte le quotidien national «La Presse». Le gouvernement est également accusé d’avoir protégé des imams à l’origine d’une fatwa (décret religieux) encourageant la «Jihad Nikah» (la guerre sainte sexuelle), autorisant des rapports sexuels hors mariage avec des partenaires multiples et dans toutes les occasions. Embrigadées par des imams wahhabites, de jeunes Tunisiennes se sont laissé convaincre de se rendre en Syrie pour cette pratique ignorée du Coran, qui vise à satisfaire sexuellement les islamistes combattant le régime de Bachar al-Assad.

Sadok Arfoui, conseiller du ministère des Affaires religieuses, a rejeté les accusations du SCRT. Il a précisé que non seulement, aucun imam nommé par le département n’a émis une telle Fatwa, mais aussi que le ministère n’entretient aucun rapport avec les réseaux terroristes.

Grève des imams

Le 25 septembre dernier, le Syndicat avait lancé, en signe de protestation, un appel à la grève des imams, le jour de l’Aïd el Kebir, prévu le 14 ou 15 octobre. Le SCRT, avant d’annuler l’ordre le 1er octobre, avait donné instruction aux imams de ne pas conduire la prière de l’Aïd.

Abdessalam Atoui, porte-parole de la Commission syndicale nationale provisoire des cadres des mosquées, avait déclaré que du point de vue de la charia (loi islamique), personne ne pouvait empêcher les fidèles de prier le jour de l’Aïd. Il a cependant admis les critiques du secrétaire général du SCRT sur la situation dans les mosquées.

Ces incidents reflètent la bataille d’influence pour le contrôle des structures de l’islam qui se trame actuellement en Tunisie. Elle oppose un mouvement wahhabite, d’inspiration saoudienne, qui prône un islam radical, à l’islam malékite, modéré, ouvert et tolérant, pratiqué depuis des temps immémoriaux en Tunisie. (apic/ibc/rz)

2 octobre 2013 | 15:55
par webmaster@kath.ch
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