«Le Synode sur la famille s’inscrira dans le contexte actuel»
Rome: A la veille du Synode, le cardinal Baldisseri assure que l’Eglise n’est pas «statique»
Rome, 3 octobre 2014 (Apic) A la veille de l’ouverture officielle d’une première assemblée synodale sur la famille au Vatican, précédée par de vifs débats sur l’accès à la communion des divorcés remariés, le secrétaire général du Synode des évêques a soutenu que l’Eglise n’était pas «statique». Elle est «histoire» et non «idéologie», a déclaré le cardinal Lorenzo Baldisseri le 3 octobre 2014.
Le cardinal Lorenzo Baldisseri a également assuré que cette assemblée serait marquée par «un climat de respect» et une réelle «liberté d’expression». Devant la presse au Vatican, la cheville ouvrière du tout premier synode du pape François a notamment réagi aux échanges parfois vifs entre cardinaux, avant même l’ouverture de l’assemblée, autour de la question de l’accès des personnes divorcées remariées à l’Eucharistie et de l’indissolubilité du mariage. Le cardinal Baldisseri a salué ces diverses «contributions» avant de souhaiter que «des points de convergence» soient trouvés.
Il n’y a pas que l’accès à la communion des divorcés remariés
Cela prouve, a soutenu le haut prélat italien, «que l’on peut parler de la famille d’un point de vue doctrinal et pastoral, à la lumière de l’Evangile». «Rien n’est statique, nous marchons dans l’histoire», a-t-il nuancé avant d’ajouter: «La religion chrétienne est histoire et non idéologie».
Et le cardinal Baldisseri d’enfoncer le clou en assurant que «si ce synode est consacré à la famille, c’est bien parce que le contexte de la famille est différent d’il y a 33 ans lors de Familiaris consortio», l’exhortation apostolique de Jean Paul II sur la famille, en 1981.
La famille a changé depuis «Familiaris consortio»
«S’il n’y a pas d’histoire, où allons-nous ? On dit quelques belles formules d’il y a 2000 ans et tout est fini ?», s’est interrogé le cardinal Baldisseri. Ce dernier a également relevé que le thème de la communion des divorcés remariés n’occupe qu’une page et demie dans l’»Instrumentum laboris». Dès lors, vu l’importance que prend cette question dans les médias, il a mis les journalistes devant leur «responsabilité dans l’orientation de l’opinion publique», mais aussi les cardinaux qui se sont publiquement opposés sur la question.
«Ceux qui sont intervenus, y compris à un niveau ecclésiastique élevé, assument leur responsabilité», a alors simplement commenté le cardinal Baldisseri tout en souhaitant que l’on ne monopolise pas le synode avec un seul thème «occidental». Avant même d’être interpellé par les journalistes, le cardinal Baldisseri avait assuré que ce synode serait marqué par «une large liberté d’expression» et se déroulerait «dans un climat de respect de toutes les positions, de charité réciproque et avec un sens constructif authentique».
«Il est important de s’exprimer clairement et avec courage», a encore confié le secrétaire général du Synode des évêques pour qui, cependant, «dans un climat de dialogue serein et loyal, les participants seront invités à ne pas faire prévaloir leur propre point de vue comme s’il était exclusif mais à chercher ensemble la vérité».
Il n’y aura pas de résumé des interventions des pères synodaux
Le cardinal Lorenzo Baldisseri a aussi adressé ses recommandations aux médias, que la question des divorcés remariés intéresse largement. «Je souhaite, a-t-il dit, que le travail serein du synode soit soutenu par votre professionnalisme compétent, grâce auquel le contenu authentique de l’assemblée synodale parviendra à l’opinion publique». Plusieurs journalistes ont cependant manifesté leur mécontentement devant le choix du Vatican, pour ce synode, de ne pas publier un résumé des interventions des pères synodaux. (apic/imedia/ami/be)




