Nigeria: Nouveaux troubles intercommunautaires dans l’Etat de Taraba
Le témoignage d’un religieux, inquiet par la tournure des événements
Wukari, 15 juillet 2010 (Apic) «C’est un coup dur, espérons que la ville pourra continuer à vivre en paix», témoigne le père Victor Nikoro, curé à Wukari, dans l’État oriental de Taraba, où est actuellement en vigueur le couvre-feu, dans un entretien accordé à Misna.
Le bilan des heurts de mardi oscille, selon les sources, entre quatre et huit victimes. Selon la police, les troubles découleraient des protestations de certains jeunes pour la construction d’une petite mosquée à l’intérieur du complexe qui abrite les locaux de la municipalité.
Cependant, a précisé à Misna le porte-parole du diocèse d’Abuja, le père Patrick Tor Alumuku, après avoir recueilli les témoignages de plusieurs prêtres à Wukari, «aucune église catholique ne figure parmi les lieux de culte saccagés mercredi pendant les troubles», qui ont affecté plusieurs mosquées et deux temples protestants.
Les sources précisent que les agents anti-émeute venus de Jalingo, capitale de l’État, et de Takum veillent en ville en ce jeudi à ce que le couvre-feu soit respecté. L’origine profonde des violences doit encore être élucidée et les questions d’ordre religieux semblent largement insuffisantes pour les expliquer.
Les troubles intercommunautaires s’avèrent plutôt fréquents depuis quelques années sur une large portion du territoire qui s’étend d’est en ouest. Au Plateau, État limitrophe de celui de Taraba, les conflits entre éleveurs nomades et agriculteurs ont causé victimes et dégâts il y a quatre mois seulement.
Les leaders religieux chrétiens et musulmans ont souvent observé que des tensions d’ordre économique et social figurent à l’origine de ces crises récurrentes. «Malheureusement, assure le père Victor, la religion est souvent conditionnée par des faits et des dynamiques d’une autre nature». (apic/misna/pr)



