Rome: Le Saint-Siège surpris par le rapport de l'ONU sur les affaires de pédophilie
Le texte ignore les mesures prises par le Saint-Siège depuis 2000
Rome, 5 février 2014 (Apic) Après la publication par le Comité des droits de l’enfant des Nations unies d’un rapport sévère sur la gestion des affaires de pédophilie par le Saint-Siège, son représentant à Genève a fait part de sa «surprise» devant ses aspects «négatifs». Le 5 février sur les ondes de Radio Vatican, l’observateur permanent du Saint-Siège à l’ONU, Mgr Silvano Tomasi, a montré du doigt les lobbies homosexuels, coupables selon lui d’encourager «une ligne idéologique».
Celui qui était le 16 janvier dernier à la tête de la délégation du Saint-Siège venue répondre à Genève aux nombreuses questions du Comité des droits de l’enfant a également jugé que les réponses du Vatican ne semblaient pas avoir été prises en compte. «Ce texte, a indiqué Mgr Tomasi, était probablement écrit à l’avance et il ne reflète pas la contribution et la clarté, à part dans quelques ajouts rapides, de ce qui s’était déroulé».
Mgr Tomasi dénonce l’absence dans le rapport d’une «vision correcte et mise à jour» prenant en compte la «série de changements pour la protection des enfants» réalisée par le Saint-Siège depuis le début des années 2000. Pour le prélat, cette série de changements est même «difficile à trouver, à un tel niveau d’investissement, dans d’autres institutions ou dans d’autres Etats». «Cela est simplement une question de faits, d’évidences, souligne Mgr Tomasi, qui ne peuvent pas être déformés».
Position du Saint-Siège sur l’avortement
Mgr Silvano Tomasi cite le préambule de la Convention de protection de l’enfance, qui «parle de la défense de la vie et de la protection des enfants avant et après la naissance». Le représentant du Saint-Siège s’étonne que «la recommandation qui est faite au Saint-Siège est de changer sa position sur la question de l’avortement». Mgr Tomasi trouve là «une vraie contradiction avec les objectifs fondamentaux de la convention, qui sont de protéger les enfants».
L’observateur permanent du Saint-Siège auprès de l’ONU souligne que le Vatican entend répondre aux affirmations présentées, en prenant le temps nécessaire, mais sans se soumettre aux «ajouts idéologiques» et aux «impositions» étrangers à la convention de protection des enfants, qu’il a ratifiée.
Le ton adopté par Mgr Tomasi dans cette interview tranche avec la sobriété du communiqué publié peu avant par le Bureau de presse du Saint-Siège, qui prenait acte des critiques du comité, tout en regrettant son ingérence sur les questions relatives à l’enseignement de l’Eglise. Le Vatican rappelait également que la remise de rapports et leur discussion entre le Saint-Siège et le comité faisaient partie du long processus de mise en place et de contrôle des mesures prises dans la lutte contre les abus sexuels.
De façon ferme, le diplomate du Vatican rappelle que l’Eglise «a réagi» face aux crimes sexuels commis par des membres du clergé et qu’elle «continue de le faire». (apic/imedia/ami/mm/mb/bb)



