Le théologien suisse Hans Küng dément tout «contact régulier» avec les autorités du Vatican, dans un entretien à l’hebdomadaire italien Jesus. Des rumeurs avaient récemment soulevé l’hypothèse de sa réintégration dans le corps des thé

Depuis 1979, l’auteur de «Infaillible ?» a été relevé de ses fonctions de professeur de théologie catholique par la Congrégation pour la doctrine de la foi. Cette dernière avait alors jugé qu’il «ne pouvait plus être considéré comme un théologien catholique».

Une agence de presse allemande a récemment affirmé qu’à l’occasion de ses 75 ans, le théologien avait demandé un geste de clémence aux autorités du Vatican. Dans un entretien accordé à la revue mensuelle catholique Jesus de septembre, Hans Küng dément la rumeur et souligne qu’il n’a pas été à l’origine de cette requête, mais bien le conseil pastoral du diocèse de Rothenburg-Stuttgart. «A la suite de cette demande, explique le théologien, j’ai eu une conversation de quatre heures avec l’évêque, Mgr Gebhart Fürst, un colloque sympathique, mais pas trop aimable et sans résultats concrets».

Hans Küng regrette par ailleurs de ne pas avoir été invité au récent Kirchentag oecuménique de Berlin. «Ils ont invité des membres athées du gouvernement, mais ils n’ont même pas invité un théologien – lui-même, ndlr -, qui a tant fait pour le dialogue, déplore-t-il. Seul le mouvement «Nous sommes l’Eglise» m’a invité. La vérité est que Mgr Fürst a peur de certains évêques, mais aussi de Rome».

«Ce sont les évêques qui sont isolés»

«Je ne me sens pas isolé, note-t-il toutefois. Ce sont plutôt les évêques qui souffrent d’isolement en raison de leurs prises de positions en matière de morale et d’autorité». Pour ce théologien, «une personne à l’esprit ouvert, comme le cardinal Lehmann, se trouve lui-même dans une position très difficile avec des pressions d’une part et le Vatican de l’autre».

«Avec Lehmann, explique-t-il dans l’entretien, j’échange une correspondance dans des cas extraordinaires, mais je lui ai demandé une conversation personnelle et il n’a jamais le temps». «Dans le passé, nous avons été amis, mais désormais, notre rapport n’est plus vivant. Quant au cardinal Walter Kasper, il m’a écrit une lettre pour mes 75 ans. Nous avons échangé nos points de vue, mais nous ne maintenons pas un contact régulier». (apic/imedia/bb)

5 septembre 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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