Irlande: Abuse sexuels en Irlande: malgré la réunion romaine, les critiques continuent
Le Vatican critiqué pour ne pas avoir pris au sérieux ces abus
Rome, 19 février 2010 (Apic) Malgré la visite au Vatican des 24 évêques irlandais, les propos tenus par ces derniers et par le pape, le Vatican est toujours confronté à une série de critiques de la part des victimes d’abus sexuels et de certains spécialistes de l’Eglise, qui affirment que l’Eglise n’a pas pris suffisamment au sérieux la question des abus sexuels dans l’Eglise en Irlande. Alors que pointe en Allemagne un autre scandale d’abus sexuels commis dans des collèges tenus par des jésuites.
Certaines victimes irlandaises d’abus sexuels commis par des prêtres catholiques romains sont furieuses que le sommet qui s’est tenu entre le pape Benoît XVI et les évêques d’Irlande n’ait pas envisagé la démission des évêques qui ont étouffé les affaires d’abus, a indiqué le journal romain «La Repubblica» le 17 février, cité par l’Agence ENI, qui fait une sorte de revue de presse sur la question.
Sur le site IrishCentral.com, qui se décrit comme un site web destiné à la communauté irlandaise mondiale, le père Tim, missionnaire jésuite irlandais et spécialiste spirituel du site a écrit un article intitulé «Benoît XVI ne parvient pas à sortir l’Eglise de la crise irlandaise».
«Le Vatican semble penser que le sommet a été une ’première étape importante’ – ce qui est stupéfiant quand on connaît l’ancienneté et la gravité du problème et quand on sait ce que Rome sait de tout cela», a écrit le père Tim. «Ceux qui pensaient que le Saint Père appellerait à la démission des évêques impliqués dans les divers rapports gouvernementaux sur la honte de l’Irlande sont repartis très déçus.»
Les 15 et 16 février, le pape a participé, aux côtés de membres de la Curie romaine, à une réunion extraordinaire avec 24 évêques irlandais. Ils ont ensemble affronté, selon un communiqué de presse du Vatican, une «grave crise» qui a «conduit à une chute de la confiance dans les responsables de l’Eglise et a nui à son témoignage de l’Evangile et à son enseignement moral.»
Le quotidien milanais Corriere della Sera a évoqué le rapport gouvernemental rendu en novembre en Irlande, selon lequel de 1974 à 2004, rien que dans le diocèse de Dublin, on a dénombré 320 victimes d’abus sexuels commis par 46 prêtres. Dans un premier rapport irlandais rendu en mai 2009, au cours des 50 années précédentes, «des centaines» de prêtres et de religieuses ont commis des abus systématiques sur de jeunes catholiques dans des institutions de l’Eglise.
Après la réunion, selon le communiqué du Vatican, «Les évêques ont parlé franchement de la douleur, de la colère, de la trahison, du scandale, de la honte que leur ont exprimés à de nombreuses occasions les victimes de ces abus.»
Le journal Irish Times a indiqué le 18 février qu’au Vatican, on a été consterné par les réactions négatives au sommet. «De la perspective du Vatican, la nature exceptionnelle de la réunion de cette semaine et, surtout, de la prochaine lettre pastorale, a été perdue de vue.»
Dans cet article, on explique qu’il est prévu que la lettre devienne «un point de référence et un élément du magistère de l’Eglise». Selon l’Irish Times, des responsables au Vatican auraient déclaré que la question «est trop complexe, et le Saint-Siège est sur une longueur d’onde complètement différente de celle des médias laïcs». (apic/eni/pr)



