Le Vatican demande au président iranien d’éviter l’escalade
Le cardinal secrétaire d’État Pietro Parolin a exprimé au président iranien Massoud Pezechkian «la vive préoccupation du Saint-Siège» à propos de la situation au Moyen-Orient. Lors d’un appel téléphonique, le 12 août 2024, le ’bras droit’ du pape a insisté sur la nécessité «d’éviter l’aggravation du conflit en cours».
L’actualité de ces derniers jours a été marquée par le risque d’une escalade militaire au Moyen-Orient. Les éliminations par Israël du chef politique du Hamas à Téhéran et du chef militaire du Hezbollah, près de Beyrouth, ont exacerbé les tensions, au Liban comme en Iran. Le 11 août, les services secrets israéliens ont annoncé s’attendre à une riposte iranienne imminente.
Le pape alerte sans relâche les dirigeants
Cette situation avait déjà été abordée par le pape François lors d’un entretien avec le président Recep Erdoğan, le 1er août dernier. Le Turc avait considéré «que les négociations du pape François avec les pays qui soutiennent Israël seraient bénéfiques pour mettre fin aux attaques».
Ces derniers mois, le Saint-Siège – par la voix du pape François ou de ses collaborateurs – a dénoncé sans relâche les conséquences désastreuses de ce conflit pour les populations concernées. Il a aussi régulièrement mis en garde les belligérants contre le risque d’escalade militaire dans la région.
Le cardinal Parolin et le président iranien ont en outre discuté «de questions d’intérêt commun». Le prélat italien a aussi félicité le président Pezeshkian pour son élection le 28 juillet dernier. L’homme politique a pris la suite de Mohammad Mokhber, nommé président par intérim après la mort accidentelle d’Ebrahim Raïssi dans un accident d’hélicoptère, le 19 mai dernier.
Des relations anciennes
Le Saint-Siège entretient des relations diplomatiques avec l’Iran depuis 1954 – 30 ans de plus qu’avec les États-Unis. Ces relations n’ont pas été interrompues par la Révolution iranienne, le président Mohammad Khatami ayant rendu une visite cordiale à Jean Paul II au Vatican en 1999.
Les deux pays se sont rapprochés sous le pontificat de Benoît XVI après que ce dernier a condamné les autodafés de Corans. Cette prise de position a été saluée par le président Mahmoud Ahmadinejad, qui a invité le pontife allemand à une plus importante collaboration.
En 2016, le pape François avait reçu le président Hassan Rouhani au Vatican pour une des premières visites d’un chef d’État iranien en Europe depuis près de vingt ans. (cath.ch/imedia/cd/rz)





