Inde: Meurtre du recteur du séminaire de Bangalore le 1er avril dernier
Le Vatican demande l’élucidation rapide de l’affaire
Rome, 5 juin 2013 (Apic) Deux mois après l’assassinat du Père K.J. Thomas, recteur du séminaire de Bangalore, l’Eglise catholique au Karnataka, au sud de l’Inde s’interroge sur la lenteur de la police, qui n’a toujours arrêté aucun suspect ni émis aucune hypothèse concernant le mobile. Après les évêques indiens, le Vatican presse à son tour les autorités de l’Etat de faire aboutir l’enquête.
«Après avoir avancé dans le brouillard pendant deux mois, la police de Bangalore est arrivée à la conclusion qu’elle ne pouvait résoudre l’affaire», a annoncé ‘l’Express News Service’ le 1er juin. Selon le quotidien, la police aurait interrogé plus de 80 personnes depuis les faits et exploré en vain différentes pistes, sans recueillir aucun indice susceptible d’orienter l’enquête.
«Nous sommes maintenant certains qu’il ne peut s’agir d’un meurtre crapuleux; les assassins avaient tout prévu soigneusement à l’avance», a expliqué à l’Express l’un des enquêteurs. «Toutes les hypothèses possibles ont été étudiées. Nous avons même pensé à un meurtre commandité, mais rien de concret n’est venu étayer ces pistes et nous pensons maintenant que ce cas est impossible à résoudre dans un futur proche», a ajouté l’officier.
Déception et indignation des catholiques
A cette annonce, le Père Ronnie Prabhu, porte-parole de l’archevêché de Bangalore, a répondu en exprimant la déception et l’indignation de la communauté chrétienne de voir la police renoncer à pousser plus avant ses investigations.
Le 31 mars dernier, dans la nuit du dimanche au lundi de Pâques, le recteur du séminaire pontifical Saint Pierre de Bangalore, le Père K. J. Thomas, 62 ans, était sauvagement assassiné et retrouvé mort quelques heures plus tard dans une mare sang, le visage tellement mutilé qu’il était à peine identifiable.
Le 19 avril dernier, Mgr Bernard Moras, archevêque de Bangalore, se faisait lors d’une conférence de presse l’interprète de l’incompréhension de la communauté catholique face à la lenteur de l’enquête. Signée par quinze évêques membres du conseil administratif du séminaire une requête demandant de presser les investigations avait été ensuite déposée devant les autorités de l’Etat du Karnataka.
Le 23 avril, une réunion de prière était organisée par le ‘Christian Voice Forum’ à la cathédrale St François-Xavier afin de «faire comprendre la détermination des chrétiens à la police de Bangalore et aux autorités, et de prier pour qu’elles agissent enfin».
Intervention du nonce apostolique
Il est aujourd’hui question de transférer le dossier au Bureau central d’enquête ou CBI, l’organe fédéral indien d’enquête criminelle.
Une initiative fortement recommandée par le Saint-Siège qui est intervenu récemment, suite aux efforts demeurés vains des évêques indiens. C’est par l’intermédiaire du nonce apostolique à New Delhi, que le Vatican a pressé les autorités du Karnataka d’élucider de façon la plus rapide possible le meurtre du Père Thomas, rapporte le ‘Deccan Chronicle’ du 30 mai. (apic/eda/mp)



