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Le Vatican va communiquer sur le cas McCarrick

Le Saint-Siège mène une enquête sur le cas de l’ancien cardinal Theodore McCarrick et fera une déclaration à l’issue de celle-ci, a déclaré le cardinal Pietro Parolin, dans des propos rapportés par le site spécialisé Vatican Insider le 30 mai 2019. Le secrétaire d’Etat du Saint-Siège s’exprimait après la révélation de nouveaux éléments concernant l’ancien archevêque de Washington reconnu coupable d’abus sexuels.

En juillet 2018, le pape François avait exigé de Théodore McCarrick qu’il quitte le Collège cardinalice, après les révélations d’abus sexuels sur des séminaristes, mais aussi sur au moins un mineur. Toutefois, l’ancien nonce à Washington, Mgr Carlo Maria Viganò, publiait quelques semaines plus tard un témoignage affirmant que le Saint-Siège était au courant des agissements de McCarrick depuis les années 2000 et que lui-même avait informé l’actuel pape dès 2013.

Mesures «à demi» respectées

Dans sa déclaration, Mgr Viganò affirmait notamment que Benoît XVI avait imposé des sanctions contre l’Américain dès 2008, mais que celles-ci avaient été levées par le pape François. En réponse à ces accusations, le Vatican a indiqué qu’il allait mener une enquête dans ses archives. Le Saint-Siège est en train de réaliser cette enquête en reprenant toute la documentation sur l’ex-cardinal et une fois conclue, il y aura une déclaration, a assuré le cardinal Parolin le 29 mai 2019.

Cette réponse intervient après la publication de nouveaux éléments par le site catholique américain Crux fournis par Mgr Anthony Figueiredo, ancien proche de McCarrick. Un extrait d’une lettre de 2008 de l’ancien archevêque de Washington est notamment publiée, dans lequel celui-ci évoque des mesures exigées par Benoît XVI à son encontre, notamment un changement de résidence et l’interdiction d’apparitions publiques. Si la première mesure semble avoir été respectée, la deuxième ne l’a clairement pas été.

Le pape François confirme qu’il ne savait rien

Selon Mgr Figueiredo, le cardinal Tarcisio Bertone, à l’époque secrétaire d’Etat du Vatican, le nonce apostolique aux Etats-Unis, Mgr Pietro Sambi et le cardinal Donald Wuerl, alors archevêque de Washington, étaient au courant de l’affaire. Les sanctions en question avaient apparemment été faites par Benoît XVI à titre «privé» et de façon informelle. Le cardinal Ouellet, actuel préfet de la Congrégation des évêques, a ainsi démenti les accusations de Mgr Vigano selon lesquelles le pape François aurait annulé les sanctions contre Théodore McCarrick. «Après avoir réexaminé les archives, je certifie qu’il n’y a aucun document signé par l’un ou l’autre pape», a déclaré le prélat québécois.

Le 28 mai 2019, interrogé par la télévision mexicaine, le pape François a assuré qu’il ne savait rien des agissements de l’ancien archevêque de Washington avant que le Saint-Siège n’en soit informé par le diocèse de New York, en septembre 2017. (cath.ch/imedia/xln/rz)

Theodore McCarrick a été renvoyé de l'état clérical en février 2019 | © Keystone
30 mai 2019 | 15:30
par Raphaël Zbinden
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