L'Eglise réformée vaudoise renforce son dispositif contre les abus sexuels  | © Pixabay
Suisse

L’Eglise réformée vaudoise établit une fondation pour lutter contre les abus

L’Eglise évangélique réformée vaudoise (EERV) a mis sur pied une nouvelle entité indépendante pour la lutte contre les abus sexuels en son sein. Active depuis février 2026, elle peut recevoir des signalements, offrir une écoute et une orientation aux victimes, mais aussi enquêter.

L’Église évangélique réformée de Suisse (EERS) a approuvé en novembre 2025 la réalisation d’une étude scientifique sur les abus sexuels et spirituels en son sein. Une démarche de lutte qui passe un cap dans le canton de Vaud avec la mise sur pied d’une fondation indépendante, rapporte le quotidien 24 Heures (31 janvier). Depuis 2021, l’EERV s’était déjà dotée d’une structure indépendante appelée ‘le Groupe d’experts pour la prévention et protection des abus’.  Elle se limitait à recueillir le témoignage des victimes, à les accompagner et à les informer.

Différentes procédures selon les cas

La nouvelle entité, dénommée ‘Fondation pour la prévention, la protection et la lutte contre les abus’ a des pouvoirs élargis. Elle peut donc instruire des cas, établir des conclusions et recommander des mesures à l’Église vaudoise. Le président du conseil de fondation est l’ancien juge cantonal Jean-François Meylan.

En cas de soupçon d’infraction pénale poursuivie d’office, la Fondation a l’obligation de la dénoncer au Ministère public, même si les victimes ne le souhaitent pas, relève l’ancien magistrat. Dans un tel cas, l’EERV est également informée. Dans les autres situations, les personnes sont orientées vers la cellule d’écoute ou vers la cellule d’instruction de la fondation, selon leur souhait. Une instruction est alors ouverte si la victime ne saisit pas les autorités de poursuite pénale et s’il y a suffisamment d’éléments, et notamment si elle désigne un auteur.

Financée par l’Eglise vaudoise

Son instruction terminée, la fondation se tourne vers le Conseil synodal pour transmettre ses conclusions et les mesures qu’elle recommande. Elle pourrait par exemple informer l’EERV qu’un collaborateur est problématique et lui enjoindre de résilier son contrat, voire recommander une indemnisation.

Indépendante juridiquement, la fondation est financée par l’Église vaudoise, qui s’engage à lui verser une subvention annuelle et à payer toutes les factures liées à son travail.

En quatre ans, les demandes vers l’EERV ont nettement augmenté: sur 17 au total, 9 sont arrivées en 2024, dont trois signalements d’abus sexuels. (cath.ch/24h/arch/rz)

L'Eglise réformée vaudoise renforce son dispositif contre les abus sexuels | © Pixabay
2 février 2026 | 11:20
par Raphaël Zbinden
Temps de lecture : env. 2  min.
Abus sexuels (1370), EERV (90), Enquête (70), Prévention (43), Protestants (54), Vaud (128)
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