Sri Lanka: Ouverture des camps de réfugiés: oui, mais…

Lentement, mais pas sûrement

Colombo, 8 décembre 2009 (Apic) Après de longs mois d’immobilisme et de tergiversations, la libération des réfugiés dans les camps sri lankais a connu ces dernières semaines une forte accélération, a confirmé à Misna Gordon Weiss, porte-parole des Nations Unies au Sri Lanka.

Ce dernier a exprimé son optimisme pour la libération progressive des civils tamouls, retenus dans les camps depuis mai dernier, à la défaite des rebelles séparatistes des Tigres de libération de la patrie tamoule (Ltte).

Le gouvernement sri-lankais a annoncé il y a une dizaine de jours avoir procédé au retour dans leurs villages des réfugiés originaires des districts de Jaffna (Nord) et avoir remis à la disposition des enseignants et des élèves les dizaines d’établissements scolaires séquestrés pour y abriter les déplacés à Vavuniya, autrefois dernier rempart avant d’accéder aux territoires sous contrôle des rebelles séparatistes.

Entre 120’000 et 150’000 personnes seraient à ce jour rentrées dans leurs villages d’origine, bien qu’autant se trouvent toujours dans la Malik Farm, l’immense camp de réfugiés installé à proximité de Vavuniya, en provenance de Kilinochchi, ex-fief des rebelles, et de Mullaittivu, où s’était déroulée l’ultime bataille entre les Ltte et les soldats cingalais. Deux zones, où, selon les forces armées, jusqu’à 1,5 million de mines et d’engins explosifs pourraient avoir été disséminés.

En dépit des pressions de la communauté internationale, le gouvernement sri-lankais a hésité des mois durant avant de relâcher les personnes déplacées par les combats et limité l’accès des agents humanitaires internationaux tant aux camps de réfugiés qu’aux anciennes zones de combat. «À l’heure actuelle, ce qui nous préoccupe le plus, s’est inquiété Weiss, ce sont les difficultés auxquelles ces gens devront se confronter sans le soutien d’une assistance quelconque et la crainte que ces zones n’aient pas encore été entièrement libérées des mines antipersonnel et des engins belliqueux».

Le porte-parole de l’Onu précise enfin que les antennes des Nations Unies envisagent de collaborer au rapatriement des déplacés.

Un prêtre catholique apporte secours et réconfort à d’anciens soldats des Tigres tamouls

Selon un prêtre catholique, cité par Misna, qui a été autorisé à pénétrer dans les camps, les ex-soldats tamouls vivent dans des conditions très difficiles ; ils sont «plongés dans la plus profonde désespérance» alors qu’ils devraient, pour la plupart, être relâchés, explique le P. Paul Jayanthan Pachchek.

Oblat de Marie Immaculée, congrégation religieuse très présente au Sri Lanka, le P. Jayanthan Pachchek a longtemps dirigé l’OSS (Oblate Social Service), la branche caritative des Oblats. A ce titre, il a pu pénétrer un camp situé à Vavuniya, ancien bastion des Tigres dans le nord du pays, où il a rencontré des Tamouls retenus par les autorités pour leur appartenance supposée aux forces armées des Tigres. (apic/misna/pr)

8 décembre 2009 | 11:13
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!