Les affrontements ont déjà fait plus de 60 morts

Kingston: La violence résulte d’une «situation malsaine d’anarchie et de dépendance», selon les dirigeants catholiques

Kingston, 27 mai 2010 (Apic) La violence, qui secoue Kingston, la capitale de la Jamaïque, depuis samedi dernier 22 mai, a déjà causé la mort d’une soixantaine de personnes, en grande majorité des civils. Cette situation résulte d’une combinaison de difficultés économiques, de trafic de drogue, de corruption et de l’histoire du pouvoir politique dans le pays, affirment les dirigeants religieux catholiques jamaïcains. La police n’est pas encore parvenue à appréhender le chef de bande Christopher «Dudus» Coke, 42 ans, dont les Etats-Unis réclament l’extradition pour trafic de cocaïne et d’armes.

Les Jamaïcains «ont fait naître une situation malsaine de dépendance et d’anarchie», écrit Mgr Donald James Reece, archevêque catholique de Kingston dans une lettre aux employés de l’Eglise jamaïcaine. «Ce que nous avons semé, nous le récoltons aujourd’hui», a-t-il lancé.

Une soixantaine de personnes tuées et 500 arrêtées

De source officielle, 44 personnes – dont au moins un policier et un soldat – ont perdu la vie dans les affrontements qui ont éclaté le week-end du 22 mai 2010 à Kingston, capitale de la Jamaïque. Près de 500 personnes ont été arrêtées le 26 mai, selon la presse.

Mgr Kenneth Richards, vicaire général de l’archidiocèse de Kingston, a entendu des tirs d’armes automatiques ainsi que des explosions à proximité de sa résidence près de la cathédrale, a-t-il indiqué à l’agence de presse catholique américaine «Catholic News Service» (CNS). La situation semble s’être quelque peu calmée mercredi 26 mai, mais les soldats patrouillent dans les rues désertes de la capitale. La plupart des écoles et de nombreux commerces sont toujours fermés. La majorité des morts seraient des jeunes soupçonnés d’être des membres de gangs qui soutiennent «Dudus» Coke, tués lors de l’assaut contre le bidonville de Tivoli Gardens, la «forteresse» du parrain.

Extradition d’un parrain de la drogue à l’origine des heurts

La police et les soldats patrouillent dans les rues suite à l’instauration par le gouvernement de l’état d’urgence, a annoncé Mgr Richards. La violence a été déclenchée par la décision du Premier ministre jamaïcain Bruce Golding d’extrader Christopher «Dudus» Coke vers les Etats-Unis. Il est soupçonné d’être à la tête d’un important trafic de drogues et d’armes à destination des Etats-Unis. La décision montre un revirement de la part de Bruce Golding qui avait refusé, dans un premier temps, l’extradition du trafiquant il y a environ neuf mois. (apic/cns/fb)

27 mai 2010 | 15:38
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!