Pakistan: L'Eglise catholique organise un dimanche de prière contre le viol de fillettes
Les agressions sexuelles contre les mineures sont de plus en plus fréquentes
Islamabad, 28 avril 2014 (Apic) L’Eglise catholique au Pakistan a organisé le 27 avril 2014 un dimanche de prière contre les violences sexuelles de plus en plus fréquentes commises contre des enfants mineurs, notamment des fillettes victimes de viol.
Islamabad, 28 avril 2014 (Apic) L’Eglise catholique au Pakistan a organisé le 27 avril 2014 un dimanche de prière contre les violences sexuelles de plus en plus fréquentes commises contre des enfants mineurs, notamment des fillettes victimes de viol.
Dimanche 27 avril, à la sortie de la messe, dans de nombreuses églises du Pakistan ont eu lieu des méditations et des processions aux flambeaux afin de réclamer justice face à la violence qui frappe de jeunes victimes innocentes. Au Pendjab, en une seule semaine, trois viols contre des mineurs ont été enregistrés. En plus du cas de Sara, une fillette chrétienne de 7 ans, violée le jour de Pâques dans un village du district de Sialkot, d’autres actes de ce type ont été commis ces derniers jours.
Sara se trouve toujours à l’hôpital dans un état critique, tandis qu’à Faisalabad une gamine de six ans a été violée et dans le district de Jhang, une fille de neuf ans a été tuée après avoir subi des violences sexuelles. Selon les milieux chrétiens, un rapport récent confirme cette recrudescence des agressions sexuelles contre les enfants, mais les cas dénoncés n’en représentent qu’une infime minorité.
Le cas de Sara est emblématique des abus que subissent les chrétiens au Pakistan: violée le jour de Pâques par Mohammad Alam Fakhar, un musulman, la fillette a souffert d’une hémorragie. Elle n’a été conduite à l’hôpital de Sialkot que trois jours plus tard. Elle est encore hospitalisée, alors que plusieurs musulmans ont fait pression sur sa famille pour qu’elle ne porte pas plainte contre le violeur. Malgré les menaces et les obstacles, la plainte a finalement été déposée contre le violeur et deux autres personnes. La police a ordonné un examen médical qui a confirmé le viol.
Comme l’a expliqué à l’agence d’information vaticane Fides l’avocat Sardar Mushtaq Gill, à la tête de l’ONG «LEAD», représente la famille et suivra le travail de la justice. Condamnant fermement la violence sexuelle, Me Gill a confié à Fides que de tels cas sont fréquents. «Les abus contre les femmes et les fillettes par des hommes de religion musulmane sont représentatifs de la façon dont les minorités au Pakistan sont soumises à la peur constante de la persécution. Nous pensons que de nombreux cas de violences ne sont pas dénoncés».
Violées puis contraintes de contracter un mariage islamique
Parmi les cas les plus éclatants soulevés récemment par diverses organisations pour la défense des droits de l’homme, Fides relève celui de Fouzia Bibi, jeune chrétienne de 15 ans, violée en janvier 2013 dans le district de Kasur par deux musulmans, et celui d’une autre étudiante chrétienne mineure, violée en juillet 2013 par un garçon musulman, en présence de deux hommes armés. En outre, en décembre 2012, une fillette hindoue de 6 ans, Wijenti Meghwar, a été violée tandis qu’elle jouait dans une rue de la ville de Ghulam Nabi Shah, dans la province du Sind. Ce cas n’est pas encore élucidé, relève Fides. Selon un récent rapport envoyé à l’agence vaticane, chaque année quelque mille jeunes filles appartenant à des minorités religieuses chrétiennes et hindoues sont enlevées, violées et contraintes de contracter un mariage islamique.
Ce rapport émane du «Mouvement pour la Solidarité et la Paix», une coalition d’ONG et d’associations, parmi lesquelles figurent la Commission «Justice et Paix» des évêques catholiques du Pakistan. (apic/asian/fides/be)



