Congo RDC: La LRA doit être considéré comme un groupe terroriste, estime un évêque
Les attaques se multiplient, avec son lot de victimes
Kinshasa, 25 mars 2010 (Apic) La LRA doit être considérée comme un groupe terroriste, estime Mgr Richard Domba Mady, évêque de Dorma-Dungu, au nord-est du Congo RDC.
Dans la nuit du 20 au 21 mars, les rebelles ougandais de l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA) ont assailli la localité de Bamokandi, près de la ville de Dungu, à 780 km au nord-est de Kisangani, le chef-lieu de la province orientale de la République Démocratique du Congo. «Cette fois, l’armée semble être intervenue à temps et a réussi à éviter l’enlèvement de quelques personnes déjà prises en otage par les rebelles» a déclaré à Mgr Richard Domba Mady, cité par l’Agence Fides à Rome.
Un autre groupe du LRA a attaqué le 21 mars le village d’Agoumar, au sud-est de la République centrafricaine, non loin de la frontière avec la RDC. «Les guérilléros ougandais se sont divisés au moins en cinq groupes qui agissent en toute impunité entre la RDC, le Centrafrique et le Sud Soudan» explique Mgr Domba Mady. «Ils sont devenus un problème régional. Ils continuent à semer la mort et la destruction sans savoir ce qu’ils veulent, quel est leur programme politique. Ce groupe doit être classé comme une ›organisation terroriste’».
Selon l’évêque, dans la province orientale, 4 diocèses sont touchés par les violences de la LRA, soit de manière directe, soit indirecte, à cause de la présence de nombreux exilés internes qui ont fui la terreur répandue par les guérilléros. «Il s’agit des diocèses de Dorma-Dungu, de Buta, de Bondo et d’Isiro-Niangara. Dans ce dernier diocèse, entre le 13 et le 14 décembre 2009, les insurgés avaient attaqué une petite ville près de Tapili, faisant des centaines de morts et kidnappant environ 40 jeunes et anciens.
Mgr Etienne Ung’Eyowun, évêque de Bondo, a lui aussi tiré l’alarme à cause de la gravité de la situation d’insécurité dans son diocèse, à la fin de sa visite dans les 5 paroisses sur 10 du territoire. Selon, l’évêque de Bondo, la LRA occupe 3 des 4 «chefferies» (division administrative locale) et a contraint des milliers de personnes à la fuite. En plus des rebelles ougandais, selon Mgr Ung’Eyowun, il y a aussi les éleveurs nomades Mbororo qui contribuent au climat d’insécurité, avec leurs vaches qui dévastent les champs des agriculteurs sédentaires.
Aux dires de Fides, la situation la plus grave est celle d’Ango, où la population meurt de faim car les insurgés de la LRA ont saccagé les récoltes et les réserves alimentaires. Ango, Dakwa, Banda et Bondo sont les localités où la situation est la plus difficile, indique encore Mgr Ung’Eyowun. (apic/fides/pr)



