Indonésie: Des manifestants musulmans empêchent la tenue d’un culte protestant

Les autorités locales derrière les islamistes?

Djakarta, 5 novembre 2012 (Apic) Des manifestants musulmans ont empêché, le 4 novembre 2012, des chrétiens réformés à Bekasi, sur l’île indonésienne de Java, de célébrer un culte devant leur église encore en construction. Les musulmans accusent les chrétiens locaux d’avoir obtenu frauduleusement leur permis de construire, rapporte le 5 novembre l’agence d’information catholique asiatique «Ucanews».

«Les manifestants étaient sur place une heure avant le début du culte», explique Palti Panjaitan, un pasteur de l’Eglise protestante Batak (HKBP). Les musulmans avaient des haut-parleurs et jouaient très fort de la musique. «Ils nous ont aussi menacés», souligne le prêtre.

«La police nous a demandé d’annuler la cérémonie, afin de prévenir tout acte de violence. En faisant cela, elle a cependant violé nos droits constitutionnels», souligne Palti Panjaitan.

Un long chemin de croix

En mai 2012, le groupe de chrétiens avait déjà été soumis à des discours de haine et à des menaces de mort durant le service de l’Ascension, devant leur église à moitié construite.

L’HKBP a soumis une requête en 2007 aux autorités du district de Bekasi pour obtenir un permis de construire pour leur église. En 2009, les pouvoirs publics ont fait stopper la construction du bâtiment et ont interdit la célébration des cultes sur le site. En juillet 2012, la Cour suprême a donné raison à l’Eglise protestante, mais le permis de construire n’a toujours pas été reconduit.

La liberté religieuse mise à mal

En Indonésie, la construction des lieux de culte est très étroitement encadrée par la loi. Un permis de construire ne peut être délivré que si, à l’issue de procédures complexes, le voisinage a explicitement donné son accord. La procédure est si lourde qu’il est très difficile pour les communautés chrétiennes d’édifier de nouveaux lieux de culte. Les islamistes n’hésitent pas, en outre, à agiter le spectre d’une «christianisation» du pays, qui est le plus peuplé du monde musulman.

A Bekasi, les dirigeants musulmans affirment que la demande de permis de construire a été acquise par des moyens frauduleux. Selon eux, le consentement a été obtenu par le soudoiement du voisinage et l’incorporation de signatures de personnes décédées. (apic/ucanews/rz)

5 novembre 2012 | 14:40
par webmaster@kath.ch
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