Les cardinaux qui accueilleront le pape en Asie et Océanie
Au cours de son pontificat, le pape François a nommé un cardinal dans chacun des pays – Indonésie, Papouasie Nouvelle-Guinée, Timor oriental, Singapour – qu’il visitera du 2 au 13 septembre 2024. L’agence I.MEDIA présente le profil de ces hommes en pourpre, relais du pontife dans leur pays et à l’échelle continentale.
Ignatius Suharyo Hardjoatmodjo, archevêque de Jakarta (74 ans)
Le cardinal Suharyo, en tant qu’archevêque de la capitale indonésienne, sera le premier à recevoir le pontife. Figure la plus importante de la minorité catholique de son pays, il s’est révélé un acteur important du dialogue avec les autres religions, notamment avec l’islam majoritaire. Originaire d’une famille nombreuse catholique de Java, il a été formé au petit séminaire puis au séminaire de Jakarta avant d’être ordonné en 1976. Il est alors repéré par son évêque, le cardinal Justin Darmojuwono, qui l’envoie étudier à Rome.
De retour, il entame une brillante carrière académique à l’Université catholique de Jakarta jusqu’en 1997, quand le pape Jean Paul II lui confie l’archidiocèse de Semarang. En 2010, il prend la suite du cardinal Darmaatmadja à la tête du diocèse de Jakarta, poste qui sert souvent d’interface avec les autorités du pays. Promoteur de la fraternité interreligieuse prônée par le pape François, il est élevé à la pourpre cardinalice en 2019.
Julius Riyadi Darmaatmadja, archevêque émérite de Jakarta (89 ans)
À Jakarta, le pape François pourrait aussi rencontrer le cardinal Riyadi Darmaatmadja, ancien archevêque des lieux. Jésuite comme lui, et grand partisan du dialogue avec les musulmans. Âgé de 89 ans et à la retraite, il est atteint de cécité, ce qui l’a empêché de participer au dernier conclave en 2013. Il n’est plus cardinal électeur depuis 2014.
John Ribat, archevêque de Port Moresby (67 ans)
À l’aéroport de Port Moresby, capitale de la Papouasie Nouvelle-Guinée, le pape François sera accueilli sur le tarmac par le cardinal John Ribat, l’archevêque des lieux. Né dans une famille catholique, ce dernier a vu naître sa vocation dès sa prime jeunesse au contact de missionnaires allemands et autrichiens. Après avoir envisagé de devenir franciscain, il a finalement rejoint un ordre particulièrement présent dans son pays, les Missionnaires du Sacré-Cœur de Jésus. Il a ensuite suivi une formation aux Philippines puis un apostolat aux Fidji, avant d’être nommé évêque du diocèse de Bereina par Jean Paul II en 2000.
Benoît XVI le crée archevêque de Port Moresby en 2007. Il se distingue par son attention sur les questions sociales, importantes dans son pays où une grande partie de la population vit pauvrement et où les tensions, notamment ethniques, ont pu être vives ces dernières années. Il a dirigé la conférence des évêques d’Océanie. Au Vatican, il est surtout connu pour son engagement sur les questions environnementales. Le pape François l’a créé cardinal en 2016 – le premier de l’histoire pays.
Virgilio Do Carmo Da Silva, archevêque de Dili (56 ans)
Pour l’étape suivante, celle du Timor oriental, le pape François sera accueilli par l’archevêque de la capitale Dili, le cardinal Virgilio Do Carmo Da Silva. Premier Timorais à être élevé à la pourpre, ce salésien est particulièrement investi dans le domaine éducatif. Il est une figure incontournable du petit pays, l’un des plus catholiques du monde. Ordonné prêtre en 1998, il a étudié à Rome pendant sept ans puis a été supérieur de sa province salésienne nationale en 2015-2016.

Le pape François le nomme à la tête du diocèse de Dili en 2016, qui devient un archidiocèse en 2021, puis le créé cardinal en 2022. À peine arrivé, le prélat doit gérer une importante crise après la révélation des abus commis par son prédécesseur, Mgr Carlos Ximenes Belo. Cet autre salésien fut administrateur apostolique du diocèse entre 1988 et 2002 et récompensé par un prix Nobel de la paix en 1996 pour son action dans la défense des Timorais pendant l’occupation indonésienne. Le cardinal Do Carmo Da Silva est resté très silencieux sur cette question délicate, son prédécesseur étant encore considéré comme un héros de l’indépendance du pays par les Timorais.
William Goh Seng Chye, archevêque de Singapour (67 ans)
Pour la dernière étape de son voyage, le pape se rendra dans la cité-État de Singapour, archidiocèse dirigé par le cardinal Goh depuis 2013. Cet ancien banquier né dans une famille catholique a fini par rejoindre le séminaire tardivement et a poursuivi sa formation à Rome jusqu’à son ordination sacerdotale en 1985. Il travaille ensuite longtemps dans le domaine éducatif, notamment dans le séminaire de Singapour, avant que le pape François ne lui demande de devenir archevêque.
Très engagé dans la pastorale des jeunes et dans le dialogue interreligieux, il est aussi un adversaire de la peine de mort, appliquée à Singapour, et se montre inquiet de la sécularisation du monde, responsable selon lui de la fragmentation des sociétés et de la montée du relativisme. (cath.ch/imedia/cd/rz)





