Timor-Est: Mgr Belo accuse les services secrets indonésiens d’être derrière les milices

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Référendum sur l’indépendance ou l’autonomie le 8 août prochain

Dili, 29 avril 1999 (APIC) Mgr Carlos Filipe Ximenes Belo, administrateur apostolique de Dili, a mis en cause explicitement les services secrets indonésiens dans les violences qui ensanglantent le Timor Oriental. Le Prix Nobel de la Paix les a accusés d’être derrière les milices pro-indonésiennes qui sèment la terreur dans l’ancienne colonie portugaise occupée par l’Indonésie.

Craignant un oui massif du peuple timorais en faveur de l’indépendance, les groupes armés pro-Jakarta rejettent le référendum prévu pour le 8 août prochain. Le président indonésien B. J. Habibie a annoncé cette semaine que les Timorais voteront à cette date pour savoir si le territoire gardera un statut d’autonomie au sein de l’Indonésie ou s’il accédera à l’indépendance totale.

La tension est vive dans l’île où les affrontements entre milices anti-indépendantistes et partisans de l’indépendance ont déjà fait plus d’une centaine de morts et des milliers de réfugiés. Des centaines de familles fuyant la violence sont actuellement réfugiées dans des postes de police.

Les milices pro-Jakarta rejettent le référendum

José Estevao Soares, l’un des chefs des groupes armés qui militent pour le maintien de Timor-Est au sein de l’Indonésie, a déclaré mercredi qu’il refusait le référendum qui doit décider en août prochain de l’avenir de l’ancienne colonie portugaise. Les milices favorables à Jakarta, responsables ces dernières semaines d’attaques sanglantes contre les partisans de l’indépendance, sont encore armées et ne sont pas prêêtes à déposer les armes.

Le colonel Tono Suratman, chef des forces armées indonésiennes à Timor Est, a pourtant réaffirmé l’engagement de Jakarta à désarmer les responsables des récents attentats et assassinats, mais n’a pas fourni de détails supplémentaires. Mgr Belo, Prix Nobel de la Paix, a fermement condamné l’appui donné par les services secrets et les militaires indonésiens aux milices, les rendant responsables des violences qui ont coûté la vie à plus d’une centaine de personnes à Ainaro, Maliana, Zumalai, Liquica et Dili.

L’administrateur apostolique de Dili a également lancé un appel à l’Eglise portugaise pour une aide spirituelle, morale, et aussi financière en faveur du peuple timorais éprouvé. Le prélat s’est en outre déclaré très sceptique sur le déroulement libre et limpide du vote sur l’avenir de l’île, parce que le climat de violence et d’intimidation pourrait conduire de nombreux Timorais à voter pour la proposition d’autonomie avancée par Jakarta, même s’ils préféreraiet l’indépendance.

Déployer une force de paix le plus rapidement possible

Joao Carrascalao, président de l’Union Démocratique Timoraise (UDT), qui vit en exil en Australie, a souligné une nouvelle fois la nécessité du déploiement d’une force de paix de l’Onu. Il a qualifié de «ridicule» et d’»inacceptable» que ce soit la police indonésienne qui soit chargée de garantir la sécurité du référendum alors qu’elle est elle-même parmi les principaux responsables de la spirale de violence qui frappe le Timor Oriental.

L’envoyé spécial des Nations Unies pour Timor Est, Jamshed Marker, a exprimé à son tour sa profonde inquiétude face à la montée de la violence meurtrière dans le territoire après les récentes attaques des milices pro-indonésiennes. J. Marker, qui ne pense cependant pas que le vote sur l’avenir de l’ancienne colonie portugaise soit remis en question, estime urgent de désarmer les milices avant le scrutin.

En visite à Timor Est, le ministre britannique Derek Fatchett a mis en garde contre le risque que font courir à la consultation populaire les violences et les intimidations des groupes opposés à l’indépendance. Après un entretien avec D. Fatchett, l’un des chefs des milices pro-Jakarta, le commandant José Estevao Soares, a souligné son rejet du projet de consultation populaire. Il veut poursuivre la lutte contre les indépendantistes: «Nous sommes prêts à faire face à n’importe quelle situation, y compris à nous retirer dans les montagnes et combattre durant 23 ans ou même plus longtemps», a-t-il déclaré à la presse en parlant au nom de toutes les milices pro-Jakarta.

Les militaires indonésiens, qui ont reconnu en février dernier avoir armé les milices, ont promis de leur faire rendre les armes avant le vote du 8 août. Les défenseurs des droits de l’homme accusent pourtant les forces armées indonésiennes de poursuivre leur soutien aux groupes armés. Derek Fatchett estime que la police et l’armée doivent rester absolument neutres pour que les diverses opinions aient les mêmes droits et la même protection afin de pouvoir s’exprimer en toute liberté. Lors d’une visite dans une clinique soignant les victimes des groupes armés, les médecins ont informé le ministre britannique que le personnel médical et les patients avaient reçu des menaces téléphoniques des milices les avertissant d’une attaque contre l’hôpital. Une force de police de l’ONU devrait se rendre dans le territoire pour préparer le vote du 8 août. (apic/misna/bbc/be)

29 avril 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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