Rome: Synode: Un évêque du Malawi dénonce la corruption d’hommes politiques
Les catholiques montrés du doigt
Rome, 8 octobre 2009 (Apic) Mgr Tarcisius Gervazio Ziyaye, archevêque de Blantyre (Malawi), a déploré mercredi dans le cadre du Synode l’implication d’hommes politiques catholiques africains «dans de graves cas de corruption» et les «pratiques occultes» auxquelles ont recours certains fidèles.
Partant du principe que l’évangélisation dans le continent noir doit désormais se concentrer sur la qualité plus que sur la quantité, Mgr Ziyaye a regretté le fait «qu’en Afrique aujourd’hui, des catholiques puissent participer à des affrontements politiques et ethniques». Le prélat a aussi fait état d’»hommes politiques catholiques (…) impliqués dans de graves cas de corruption concernant les ressources publiques» ou d’autres catholiques qui «recourent aux pratiques occultes durant les périodes de difficultés».
Constatant qu’il y a «encore beaucoup de chemin à faire afin de promouvoir une foi qui transforme le cœur et une foi qui fasse justice», le président de la Conférence épiscopale du Malawi a encouragé une formation «plus sérieuse» des fidèles catholiques en matière de «doctrine sociale de l’Eglise à tous les niveaux de l’Eglise en Afrique».
En effet, a assuré celui qui est aussi président de l’Association des membres des Conférences épiscopales d’Afrique orientale, «la voie la plus sûre pour surmonter les persécutions, l’injustice, le tribalisme, le régionalisme, la corruption politique et économique est un cœur humain pleinement catéchisé».
Les propos tenus le 7 octobre par Mgr Ziyaye rappellent la condamnation lancée la veille par le cardinal Polycarp Pengo, archevêque de Dar-es-Salam (Tanzanie), à l’égard «de nombreux pasteurs (…) accusés d’être impliqués» dans des conflits sur le continent noir. «Il faut avoir le courage de dénoncer au cours de ce synode tout ce qui est mal au sein de l’Eglise», avait alors affirmé le haut prélat, comme «l’abus du rôle et de la pratique du pouvoir», «l’autoritarisme, le tribalisme, l’ethnocentrisme et les chefs religieux qui sont partisans politiquement». (apic/imedia/cp/pr)



