France: L’Eglise catholique a sa place dans le débat sur la bioéthique
Les cellules souches, un enjeu d’humanité
Paris, 8 avril 2011 (Apic) L’évêque auxiliaire de Paris et directeur du Collège des Bernardins, Mgr Jérôme Beau, et Brice de Malherbe, théologien et co-directeur du département d’éthique biomédicale du même collège, ont réagi, dans une tribune libre du quotidien «Le Monde» du 8 avril 2011, aux propos des chercheurs Marc Peschanski et Cécile Martinat. Ces dernier accusent l’Eglise catholique «d’agression antiscientifique» et de «lobbying antiscience» dans le débat sur la révision de la loi de bioéthique de 1994.
En France, le débat sur la révision de la loi bioéthique en cours au Parlement fait couler beaucoup d’encre. Révisée en 2004, cette loi a maintenu l’interdiction de l’utilisation de cellules souches, tout en l’assortissant, pendant cinq ans de la possibilité de dérogations. Dans une tribune libre publiée dans le quotidien «Le Monde» du 6 avril 2011, Marc Peschanski, directeur de l’Institut des cellules souches, et Cécile Martinat, responsable de l’équipe «maladies motoneuronales» (I-STEM, Evry), ont prétendu que la loi de bioéthique de 1994 a été adoptée «sous la pression de lobbies catholiques conservateurs» et qu’elle a exclu, jusqu’en 2004, la France de l’élan scientifique international autour des cellules souches embryonnaires.
Des propos qui tiennent plus du fantasme que de la réalité, selon Mgr Jérôme Beau et Brice de Malherbe. Dans une même tribune du «Monde», publiée le 8 avril, les deux hommes estiment que ces attaques polémiques «contreviennent aux exigences de la rationalité» et qu’elles défendent une option de recherche «qui ne fait pas l’unanimité à l’intérieur même du monde scientifique».
Mise en garde contre les dérives
Ils estiment que les accusations d’»agression antiscientifique» et de «lobbying antiscience» de Marc Peschanski et Cécile Martinat relèvent du dénigrement. Mgr Beau et Brice de Malherbe rappellent que l’Eglise catholique encourage la science et que les «efforts de décryptage du génome humain ont été salués et encouragés» par le pape Jean-Paul II. Selon eux, l’Eglise catholique est dans son rôle lorsqu’elle participe au débat éthique et met en garde sur ce qu’elle considère comme des dérives possibles. En revanche, écrivent-ils, ses membres n’acceptent pas d’être traités «d’ennemis de la science».
«A des effets d’annonce calculés en plein débat parlementaire et non dénués de conséquences financières, l’Eglise catholique choisit le dialogue, qui se refuse à tout obscurantisme, et le débat de fond, qui encourage la science sans dénier la conscience. Car le défi bioéthique est un bel enjeu d’humanité. (…) Les positions de l’Eglise catholique en la matière sont le fruit d’une réflexion mûrie, confrontées aux réalités humaines et aux résultats scientifiques dont elle tient toujours compte», rappellent-ils enfin.
Le 8 avril, le Sénat français a autorisé la recherche «encadrée» sur l’embryon et les cellules souches, dans le cadre du projet de loi sur la bioéthique, a annoncé «LaDepeche.fr». Cette décision va à l’encontre de l’avis du gouvernement et de l’Assemblée nationale, qui avait, en première lecture, maintenu cette interdiction. (apic/lemonde/nd)



