Les enfants chrétiens du camp d'Ankawa - Ashti 2  ne parlent qu'araméen (photo Maurice Page)
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Les enfants chrétiens du camp d'Ankawa - Ashti 2 ne parlent qu'araméen (photo Maurice Page)

Les chrétiens chassés de Mossoul n'ont plus confiance dans leurs voisins musulmans

15.07.2017 par Jacques Berset, cath.ch

Les chrétiens chassés de Mossoul et de la Plaine de Ninive ont perdu confiance dans leurs anciens voisins musulmans, affirme le Père Behnam Benoka, qui avait dû fuir la métropole septentrionale de l’Irak à l’arrivée des terroristes de Daech.

Prêtre du diocèse syriaque-catholique de Mossoul, le Père Benoka déplore que l’occupation de Mossoul ait mis à jour et creusé le fossé entre les religions.

Père Behnam Benoka, prêtre de l’Eglise syriaque-catholique d’Irak (Photo: AED)

Le Père Benoka, exilé à Erbil, au Kurdistan d’Irak, a fait part, sur les ondes de Radio Vatican, de la difficile expérience de voir que d'”anciens amis musulmans se sont approprié nos maisons après notre fuite… Ils venaient manger chez nous, ou venaient nous voir pour se procurer des médicaments. Nous les avions accueillis dans nos maisons, mais après ils nous ont chassés”. Pour le Père Benoka, c’est la raison pour laquelle les chrétiens préfèrent être prudents en Irak.

Trahison des amis et voisins musulmans

Le prêtre syriaque-catholique, professeur au Babel College à Ankawa, dans la banlieue chrétienne d’Erbil, affirme que lors de l’occupation du terrain par Daech, il y a eu à de nombreuses reprises des trahisons et de la collaboration entre d’anciens voisins et l’Etat islamique pour nuire aux chrétiens. Raison pour laquelle la peur des voisins s’est développée et la confiance a été brisée, ce qui rend difficile le retour à des relations mutuelles normales.

Après la victoire sur Daech (“L’Etat islamique”) et la libération de Mossoul, pour les chrétiens, tout ne va pas revenir d’un coup à une situation normale. Le maintien de la présence chrétienne en Irak avait déjà été remis en cause dès avant l’arrivée de Daech, estime le prêtre en exil.

Pas de retour facile à la normale

“Nous parlons ici d’un lent changement migratoire dans les villes chrétiennes que les différents gouvernements irakiens ont encouragé. Notre souci, de ce fait, n’est pas de savoir si Daech sera vaincu ou non. Peut-être que Daech n’était simplement que le dernier moment de la souffrance des chrétiens, qui existait déjà bien auparavant”.

Le Père Benoka affirme que personne n’a défendu les chrétiens quand les terroristes de Daech sont arrivés, “pas même l’armée irakienne, qui a maintenant libéré Mossoul”.  (cath.ch/radvat/be)


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