Les chrétiens d’Inde déplorent la réaction de leur gouvernement

Inde: Le pays mis sur une «liste de surveillance» à cause du manque de liberté religieuse

Bangalore, 31 août 2009 (Apic) En Inde, des responsables et militants chrétiens ont exprimé leur déception quant à la réaction du gouvernement indien face à la décision d’une commission des Etats-Unis d’inscrire le pays sur une «liste de surveillance», au vu de l’état de la liberté religieuse dans certaines régions du pays.

«La réalité parle d’elle-même. Le gouvernement aurait pu faire preuve de plus de franchise et de responsabilité», a déclaré l’évêque méthodiste Taranath Sagar, président du Conseil national des Eglises de l’Inde, au correspondant de l’agence de presse oecuménique Eni le 25 août.

Mgr Sagar, dont le Conseil d’Eglises est constitué de 30 Eglises protestantes et orthodoxes, a qualifié de regrettable la façon dont le ministre des Affaires étrangères de l’Inde a rejeté la décision prise par la Commission des Etats-Unis sur la liberté religieuse internationale. L’organisme consultatif a décidé de mettre l’Inde sur sa «liste de surveillance» des pays où la liberté de religion est menacée.

Le pays mis sur une «liste de surveillance» par les Etats-Unis

Dans son rapport publié mi-août, la commission américaine a déclaré que sa décision se fondait sur l’incapacité des autorités à «prendre des mesures pour garantir les droits des minorités religieuses dans plusieurs Etats» de l’Inde.

Vishnu Prakash, porte-parole du ministère des Affaires étrangères de l’Inde, a qualifié la décision de la commission de regrettable. Par ailleurs, le ministre a affirmé que «l’Inde, un pays de 1,1 milliard d’habitants, est une société multiethnique et multireligieuse … Les problèmes, s’il y en a, sont traités aussitôt, conformément à notre cadre législatif et sous la surveillance d’un pouvoir judiciaire indépendant et de médias vigilants.»

Le ministre Prakash a affirmé que «la Constitution indienne garantit la liberté de religion et l’égalité des chances pour tous les citoyens du pays, qui vivent et travaillent ensemble dans la paix et l’harmonie.»

Pour les chrétiens, le gouvernement n’applique pas les dispositions constitutionnelles

Toutefois, l’évêque Sagar a indiqué qu’il était inutile que le gouvernement indien évoque les dispositions constitutionnelles s’il ne «se donne pas la peine de faire appliquer ces garanties.» Il a ajouté : «Ce qui s’est passé dans l’Orissa et ici au Karnataka ne pourra jamais être justifié et soulève des questions quant à la liberté de religion».

Mgr Sagar est basé à Bangalore, capitale de l’Etat de Karnataka, dans le sud du pays, qui a connu de nombreuses attaques visant des chrétiens au cours de l’année écoulée.

Par ailleurs, dans l’Etat de l’Orissa, dans l’est du pays, plus de 50’000 chrétiens ont perdu leur foyer en août 2008, suite au meurtre de Swami Lakshmanananda Saraswati, dans le district de Kandhamal, où le religieux hindou menait une campagne virulente contre les conversions au christianisme. Bien que l’assassinat ait été revendiqué par des rebelles maoïstes, des extrémistes hindous l’ont dénoncé comme une «conspiration chrétienne» et ont pris pour cibles les chrétiens de la région.

Au cours des violences que se sont ensuivies, plus de 90 chrétiens ont été tués, et au moins 5’000 foyers chrétiens et 250 églises et institutions chrétiennes ont été pillés et incendiés. Des rapports ont par la suite indiqué que la police a peu fait pour faire cesser les violences. (apic/eni/js)

31 août 2009 | 13:13
par webmaster@kath.ch
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