Rome: Un chef religieux iranien nie l’existence de problèmes entre musulmans et chrétiens en terre islamique
«Les chrétiens et les musulmans vivent côte à côte et en paix»
Rome, 15 octobre 2010 (Apic) Invité par Benoît XVI à intervenir au cours du Synode pour le Moyen-Orient, l’ayatollah Seyyed Mostafa Mohaghegh Damad, du clergé chiite iranien, a nié l’existence de difficultés dans les relations entre chrétiens et musulmans dans les pays d’islam. «Les chrétiens vivent côte à côte et en paix avec leurs frères musulmans, ils jouissent de tous les droits juridiques des autres citoyens et exercent librement leurs pratiques religieuses», a-t-il assuré.
Peu avant son intervention devant les Pères synodaux et le pape, le 14 octobre 2010, l’ayatollah Seyyed Mostafa Mohaghegh Damad avait particulièrement cité son pays en exemple: «L’Iran est le meilleur exemple pour tous les pays musulmans en termes de respect des droits des minorités, qui sont les mêmes que ceux des musulmans». Ce professeur de droit à l’Université de Téhéran a en outre affirmé que «les rapports entre l’islam et le christianisme se basent sur l’amitié, le respect et la compréhension mutuelle».
Dans la lignée d’Ahmadinejad
Quelques heures auparavant, le chef religieux avait déjà indiqué devant la presse ne constater «aucun problème, aucune difficulté dans les relations entre islam et christianisme dans aucun pays musulman. Il n’existe pas de conflit causé par le christianisme et l’islam; il n’y a que des conflits entre des groupes sous couvert de l’islam ou du christianisme».
Ce discours aux accents apaisants se situe en droite ligne avec l’appel à la coopération du président iranien Mahmoud Ahmadinejad contenu dans une lettre remise au pape par le vice-président, au terme de l’audience générale du 6 octobre. Selon Téhéran, le chef d’Etat souhaitait dans cette missive «une étroite collaboration entre les religions divines afin de mettre fin au déclin de la société humaine».
L’Etat idéal
Dans son discours devant les Pères synodaux, Seyyed Mostafa Mohaghegh Damad a aussi appelé de ses vœux «un Etat où les croyants de n’importe quelle confession peuvent vivre libres, sans appréhensions, craintes ni obligations, selon les principes de base et les modes de leurs coutumes et de leurs traditions».
A l’inverse, le religieux chiite a déploré «l’existence de points de vue partiaux et réactionnaires découlant d’un système de pensée politique et culturel historiquement empreint de préjugés, de volonté d’expansionnisme et de suprématie». S’il n’a pas explicitement nommé l’Etat hébreu, le chef religieux iranien avait, un peu plus tôt, à Rome, accusé Israël d’être le précurseur et le déclencheur en matière de fondamentalisme religieux. (apic/imedia/nd)



