Pakistan: Des manifestants demandent justice à Kasur, après le lynchage du couple de chrétiens

Les chrétiens veulent l’abrogation de la loi anti-blasphème

Kasur, 10 novembre 2014 (Apic) Des centaines de chrétiens ont manifesté le 10 novembre 2014 dans le district de Kasur, à l’est du Pakistan, où un couple de jeunes chrétiens accusés de blasphème a été lynché, il y a quelques jours, par une foule de musulmans. Les protestataires exigent que les agresseurs soient traduits en justice et que la loi anti-blasphème soit abrogée.

Shahzad Masih et Shama Bibi, parents de trois enfants, ont été brûlés vifs dans un four à briques après avoir été accusés de blasphème.

«Le gouvernement a le devoir de protéger le droit à la vie et à la propriété de ses ressortissants», a expliqué le 10 novembre 2014 à l’agence d’information vaticane Fides l’avocat chrétien Sardar Mushtaq Gill.

Des fidèles de toutes les confessions, dont des catholiques et des protestants ont participé à la manifestation. Ils ont brandi des pancartes et scandé des slogans contre la persécution des chrétiens au Pakistan, demandant la fin des injustices et des abus liés aux lois sur le blasphème.

Appel à la communauté internationale

«La police n’est pas parvenue à sauver les deux époux. Souvent, les agents déclarent ne pas pouvoir sauver les personnes accusées de blasphème s’ils sont chrétiens», explique Sardar Mushtaq Gill. L’avocat souligne que les chrétiens ne seront jamais en sécurité tant que cette loi sera en vigueur. Pour lui, la norme représente une grave violation des droits fondamentaux et devrait immédiatement abrogée. «Nous demandons que la communauté internationale joue un rôle constructif et efficace à cet égard».

Le fléau de l’esclavage moderne

Les chrétiens ont également fait état de la question de l’esclavage moderne au Pakistan. Souvent, les fidèles qui travaillent pour la fabrication de briques sont traités comme des esclaves, assure Fides. Ainsi que cela est arrivé aux époux Shahzad Masih et Shama Bibi, ils s’endettent auprès de leurs employeurs, qu’ils remboursent par des années de travail sans salaire. Il arrive que de telles dettes, gonflées par des intérêts exorbitants, doivent être assumées par les descendants de celui qui les ont contractées. De la sorte, l’esclavage se perpétue de génération en génération. Selon certaines sources, l’employeur du couple chrétien a diffusé la rumeur de blasphème à l’encontre de Shazad et Shama pour les empêcher de partir, pensant qu’ils comptaient échapper au paiement de leurs dettes héréditaires. Les organisations chrétiennes demandent également au gouvernement de lutter contre cette forme moderne d’esclavage. (apic/fides/rz)

10 novembre 2014 | 14:45
par webmaster@kath.ch
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