Corée du Sud : Les évêques demandent à la nouvelle présidente de tenir ses promesses

Les conflits sociaux ne faiblissent pas

Seoul, 22 février 2013 (Apic) A l’approche de son investiture le 25 février prochain, la présidente nouvellement élue de Corée du Sud, Juliana Park Geun-Hye, est pressée par l’Eglise et les syndicats de tenir ses engagements de campagne sur le conflit social.

La commission ›Justice et Paix’ de la Conférence des évêques catholiques de Corée du Sud (CBCK) a appelé le 19 février 2013 Juliana Park Geun-Hye à appliquer les promesses de réforme faites durant sa campagne électorale et en particulier à régler le conflit social au sein de la firme ’Ssangyong’.

Depuis 2009, année où le constructeur automobile a licencié 2’600 salariés, la firme fait face à d’importants conflits internes. Des manifestations massives accompagnées de violents affrontements avec la police ont été suivies par des séries de suicides (plus d’une vingtaine).

’Justice et Paix’ a rappelé les autres tâches urgentes auxquelles devait s’atteler la nouvelle présidente dans le domaine social : la recrudescence des suicides, les licenciements abusifs, la discrimination au sein des entreprises et le harcèlement subi par les militants et les syndicalistes.

Grèves et manifestations soutenues par l’Eglise

«Après l’élection présidentielle du 19 décembre, sept syndicalistes se sont suicidés, désespérés à l’idée que sous le mandat de Park Geun-Hye leurs problèmes ne seraient toujours pas résolus», a déclaré Mgr Matthias Ri Iong-hoon, évêque de Suwon et président de la commission ›Justice et Paix’.

Ces remontrances de l’Eglise, qui a une influence croissante en Corée du Sud – où les chrétiens représentent environ 30% de la population – interviennent alors que la nouvelle présidente du pays voit son image de ’dirigeante intègre’ mise à mal par des affaires de corruption touchant son entourage politique proche.

Parallèlement, la Confédération des syndicats de Corée (KCTU) et d’autres associations syndicales multiplient les grèves, sit-in et manifestations – soutenus ouvertement par l’Eglise – réclamant du nouveau gouvernement qu’il respecte les engagements de la campagne électorale.

Le sort précaire de millions de travailleurs intérimaires

Parmi ses engagements, la fille de l’ancien dictateur avait promis de titulariser massivement les millions d’intérimaires qui, par leur extrême précarité, sont les premiers touchés par la crise économique, le chômage et le suicide. Un engagement qui n’a pas tardé à se heurter à l’opposition déterminée des grands conglomérats sud-coréens, et ce malgré les rappels à l’ordre de l’Assemblée nationale.

Selon le journal ’Korea Times’ certaines entreprises auraient néanmoins accepté de revoir les conditions de travail de leurs employés. Le constructeur automobile ’Hyundai Motors’, bien qu’il refuse encore de titulariser ses quelque 8’000 employés précaires, soit plus de 20% de ses effectifs, aurait ainsi pris des mesures pour indemniser les familles des salariés décédés ou atteints de maladies contractées au sein de la firme.

Ssangyong, envisagerait de titulariser certains de ses intérimaires. Mais aucune mesure n’aurait été prise concernant les familles des employés suicidés. Très préoccupé par cette ’absence d’humanité’, la commission ›Justice et paix’ a commencé à réunir des fonds pour soutenir financièrement les proches des victimes.(apic/eda/mp)

22 février 2013 | 10:47
par webmaster@kath.ch
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