Les confrontations au sein de l’Eglise? Elles doivent viser la recherche de la vérité
Rome: Audience: l’affrontement de «deux grands maîtres» commenté par le pape
Rome, 4 novembre 2009 (Apic) Les confrontations au sein de l’Eglise doivent uniquement viser la recherche de la vérité, a affirmé Benoît XVI au cours de l’audience générale du mercredi.
Lors d’une nouvelle catéchèse hebdomadaire consacrée à la théologie au 12e siècle, le 4 novembre, Benoît XVI a particulièrement souhaité que les controverses qui peuvent apparaître aujourd’hui au sein même de l’Eglise aient toujours comme objectif «la recherche de la vérité». Lors de l’audience générale, Place Saint-Pierre, le pape est intervenu devant quelque 12’000 fidèles sur la controverse entre saint Bernard de Clairvaux (1090-1153) et Pierre Abélard (1079-1142), entre la théologie monastique et la théologie scolastique.
Devant les fidèles, le pape a ainsi expliqué l’affrontement des «deux grands maîtres» de la théologie, soulignant que saint Bernard avait contesté «la méthode trop intellectuelle d’Abélard qui, à ses yeux, réduisait la foi à une simple opinion détachée de la vérité révélée». Puis, Benoît XVI a précisé que cette «confrontation théologique» s’était conclue par «une pleine réconciliation entre les deux théologiens».
Tirant un enseignement pour «aujourd’hui», Benoît XVI a jugé que cette controverse montrait «l’utilité et la nécessité d’une saine discussion théologique dans l’Eglise, surtout quand les discussions débattues n’ont pas été définies par le magistère, qui demeure un point de référence incontournable».
Le pape a alors soutenu que «prévalait» pour chacun des deux théologiens «ce qui doit vraiment habiter le cœur lorsque naît une controverse théologique : sauvegarder la foi de l’Eglise et faire triompher la vérité dans la charité». Benoît XVI a alors souhaité «que cela soit aujourd’hui encore l’attitude avec laquelle ont lieu les confrontations dans l’Eglise, en ayant toujours comme objectif la recherche de la vérité».
Evoquant la controverse médiévale, Benoît XVI a également relevé les «ambiguïtés» du théologien et philosophe Abélard dans le «domaine moral». «Comme nous le savons, a ensuite noté le pape, c’est un aspect très actuel pour notre époque où la culture apparaît souvent marquée par une tendance croissante au relativisme éthique».
Au cours de cette audience, le pape n’a pas fait allusion à la condamnation de l’Italie, la veille, par la Cour européenne des droits de l’homme pour la présence de crucifix dans les salles de classe. Après la forte réaction du gouvernement italien, le Vatican avait pour sa part manifesté sa «stupeur» et sa déception, jugeant «surprenant» qu’une cour européenne intervienne «dans une matière très profondément liée à l’identité historique, culturelle et spirituelle du peuple italien». (apic/imedia/ami/pr)



