Pakistan: Les Eglises tentent de venir en aide aux déplacés

Les dégâts causés par les inondations entravent l’acheminement

Islamabad, 4 août 2010 (Apic) Au Pakistan, les agences d’Eglise apportent de l’aide aux centaines de milliers de personnes qui ont été déplacées en raison des inondations dévastatrices ayant déjà causé près de 1’500 victimes. Mais l’acheminement reste difficile à cause des dégâts.

«Des centaines de ponts et de routes ont été détruits», a expliqué le 3 août depuis son bureau d’Islamabad Mervin Parvez, directeur de Church World Service (CWS) pour le Pakistan et l’Afghanistan, au correspondant de l’agence ENI lors d’une interview par téléphone. L’agence des Nations Unies pour l’enfance, l’UNICEF, a indiqué qu’un grand nombre des quelque 3,5 millions d’habitants de la province de Khyber Pakhtunkhwa – la plus touchée par les inondations – ont perdu leurs récoltes et vu leur maison inondée, endommagée ou détruite. En outre, plus d’un million d’enfants attendent une aide d’urgence après les pires inondations à frapper le Pakistan depuis 1929, a fait savoir l’agence.

Outre la province montagneuse de Khyber Pakhtunkhwa (anciennement connue sous le nom de province de la Frontière-du-Nord-Ouest), les inondations ont touché le Baloutchistan et le Pendjab.

Même les axes sont impraticables

A Genève, l’Alliance ACT, réseau d’Eglises et d’agences humanitaires dont fait partie CWS, a affirmé que de nombreuses routes avaient été rendues impraticables en raison des inondations et des glissements de terrain, notamment la plupart des axes reliant les régions touchées par la catastrophe. Une équipe d’examinateurs de CWS, qui est basé à New York, s’est retrouvée isolée dans le district montagneux du Khoistan, à 150 km d’Islamabad, tandis que les bureaux de l’agence à Swat et Manshera ont été inondés, a indiqué à ENI Mervin Parvez. Il a rappelé qu’en 2005, un séisme dévastateur avait tué près de 100 000 personnes et causé d’énormes destructions. «Heureusement, beaucoup de nos centres disposaient de matériel de secours puisque nous travaillions dans la région touchée par le tremblement de terre. Ce matériel est en cours de distribution», a dit Marvin Parvez.

Selon lui, bien que le bilan des victimes soit moins élevé que celui du séisme de 2005, les inondations ont causé des «dégâts considérables et ravagé les cultures.» Les pluies torrentielles ont causé des ravages jusque dans des centaines de villages de plaine de la province du Pendjab. Mervin Parvez a expliqué que les fortes pluies ont ajouté à «la souffrance des personnes déplacées qui vivent sans abri et qui se débattent pour obtenir de quoi manger.»

Anila Gill, secrétaire exécutive de Caritas Pakistan, a déclaré que l’agence s’efforce d’acheminer dans les zones touchées des tentes, des produits alimentaires et d’autres produits de base. «Dans un premier temps, nous allons pourvoir aux besoins de 2500 familles», a-t-elle expliqué au correspondant d’ENI par téléphone depuis son bureau de Lahore.

Le gouvernement pakistanais a déployé plus de 40’000 soldats afin de mettre en œuvre des opérations de secours et de sauvetage, alors que la saison de la mousson laisse craindre de nouvelles précipitations, ce qui ne fait qu’attiser l’anxiété des sinistrés et des travailleurs humanitaires. (apic/eni/bb)

4 août 2010 | 17:01
par webmaster@kath.ch
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