Ecosse: Ouverture, mercredi, de la Conférence du centenaire
Les délégués examineront la mission de l’Eglise sous un angle revu et corrigé
Edimbourg, 1er juin 2010 (Apic) La Conférence du centenaire, en Ecosse, examinera la mission de l’Eglise sous un angle autre que celui admis jusqu’ici. Remise en question en vue, mercredi à Edimbourg, par les délégations de diverses traditions chrétiennes.
Il y a cent ans, il n’y avait qu’un seul Noir africain et 19 Asiatiques parmi les plus de mille délégués présents à Edimbourg pour la Conférence mondiale des missions. La participation à l’événement qui marquera début juin le centenaire de cette Conférence reflètera davantage le déplacement du centre de gravité du christianisme au 21e siècle.
Les délégués seront toutefois moins nombreux: à peine plus de 300 personnes de 60 pays, représentant 30 traditions, se réuniront dans la capitale écossaise le 2 juin, date à laquelle commence pour cinq jours la Conférence du centenaire de 2010.
«La Conférence de 2010 se tiendra dans la même ville et le même mois que la grande Conférence mondiale des missions de 1910, qui correspond, pour beaucoup d’observateurs, à la naissance du mouvement œcuménique», a déclaré au correspondant d’ENInews le frère mariste (catholique) Stephen Smyth. «Nous commémorerons, célèbrerons et nous inspirerons des événements d’il y a cent ans et travaillerons ensemble pour l’unité.»
La Conférence de 1910 avait entraîné la création du Conseil missionnaire international, en 1921, et elle a inspiré d’autres mouvements d’unité de l’Eglise, culminant avec la fondation, en 1948, du Conseil œcuménique des Eglises (COE).
Le rassemblement de 2010 est accueilli par le New College de l’Université d’Edimbourg, avec le soutien de plus d’une vingtaine de participants internationaux.
Ceux-ci sont issus des traditions évangélique, orthodoxe, pentecôtiste, protestante et catholique, et comprennent également le COE, dont le secrétaire général, le pasteur Olav Fykse Tveit, figure parmi les intervenants à la Conférence.
En avril, le frère Smyth a été désigné par Action commune des Eglises en Ecosse pour aider à la coordination de la Conférence. Pour le chercheur écossais Kenneth Ross, celle-ci pourrait offrir une «vision impérieuse» aux missionnaires chrétiens du 21e siècle.
Le 6 juin, jour de clôture de la Conférence du centenaire, le deuxième plus haut responsable de l’Eglise (anglicane) d’Angleterre, l’archevêque de York John Sentamu, qui est d’origine ougandaise, doit prêcher lors d’une cérémonie qui sera célébrée dans la salle de l’Assemblée générale de l’Eglise (presbytérienne) d’Ecosse, où s’était déroulée la Conférence en 1910.
Brian Stanley, professeur de christianisme mondial à l’Université d’Edimbourg, a déclaré à ENInews: «Ce qu’il y a de plus souhaitable, c’est que la Conférence d’Edimbourg produise un message que les Eglises ordinaires peuvent comprendre, qu’elles pourront débattre puis commencer à intégrer à leur propre allégeance chrétienne.»
Il a souligné qu’en 1910, les activités de la plupart des missionnaires chrétiens étaient alignées sur les entreprises impérialistes occidentales à travers le monde. «A cette époque, on croyait que l’activité missionnaire allait de l’Ouest vers le reste», a expliqué Brian Stanley.
«En 1910, il n’y avait qu’un seul délégué africain», a indiqué Brian Stanley, qui a par ailleurs affirmé: «Le rôle des femmes revêt une importance considérable, car dans le monde, plus de 60% des chrétiens sont des femmes et je dirais même que cette proportion est encore plus grande en Afrique, peut-être deux tiers».



