Les diplomates du Saint-Siège doivent cultiver leur «liberté intérieure»

Rome: «Préférez l’Evangile à votre ambition personnelle», demande le pape aux futurs nonces

Rome, 6 juin 2013 (Apic) Le pape François a insisté sur la nécessité pour les futurs diplomates du Saint-Siège de cultiver leur «liberté intérieure», afin de toujours privilégier l’Evangile plutôt que leurs «ambitions ou objectifs personnels». Le pontife recevait en audience, le 6 juin 2013, une quarantaine d’étudiants et de professeurs de l’Académie ecclésiastique pontificale.

Le pape François a affirmé que les prêtres qui se préparent à la carrière diplomatique devaient être libres de leurs projets, des modalités concrètes qu’ils avaient pu imaginer pour leur sacerdoce, mais aussi de leur culture et mentalité d’origine. «Non pas pour les oublier et encore moins pour les renier», a précisé le pontife, mais pour s’ouvrir à la compréhension de cultures différentes.

Aux yeux du pape, la liberté intérieure signifie avant tout être «libre des ambitions ou objectifs personnels, qui peuvent faire tant de mal à l’Eglise, en prenant soin de mettre toujours au premier plan, non pas la réalisation (personnelle, ndlr) ou la reconnaissance…, mais le bien supérieur de la cause de l’Evangile».

«Pour cela, a poursuivi le pontife, vous devrez être disposés à intégrer toutes vos visions d’Eglise, même légitimes, toutes vos idées et jugements personnels, à l’horizon du regard de Pierre et à sa mission particulière». C’est ainsi que les représentations pontificales pourront remplir efficacement leur mission, «surtout en ces lieux, souvent oubliés, où les besoins de l’Eglise et de l’humanité sont les plus grands», a-t-il insisté.

Carrière diplomatique

Le pape François a notamment salué Mgr Beniamino Stella, à la tête de l’académie depuis 2007, rappelant que ce dernier l’avait convaincu, après une «insistance cordiale», d’envoyer étudier à Rome un prêtre du diocèse de Buenos Aires dont il était l’archevêque. Il est en effet de plus en plus difficile pour les responsables de ‘l’école des nonces’ de recruter leurs élèves. Les évêques sont souvent peu enclins à laisser partir leurs meilleurs éléments et la carrière diplomatique ne correspond pas nécessairement aux idéaux d’un jeune prêtre.

L’Académie ecclésiastique pontificale a été fondée en 1701 par Clément XI (1700-1721), pour former les jeunes clercs aux relations diplomatiques. Depuis trois siècles, elle forme ainsi le personnel religieux de la diplomatie du Saint-Siège, des nonciatures apostoliques, et une partie des membres de la Secrétairerie d’Etat.

Autour du 21 juin, une rencontre de tous les nonces apostoliques ainsi que des délégués apostoliques et permanents en poste dans le monde entier se tiendra au Vatican autour du pape, pour un temps de réflexion sur le rôle et la mission des représentants pontificaux. La dernière rencontre de ce type remonte à septembre 2000. Depuis, il n’est pas rare que les diplomates du Vatican se plaignent, avec tact et discrétion, de la rareté de leurs contacts avec le souverain pontife. (apic/imedia/mm/rz)

6 juin 2013 | 15:03
par webmaster@kath.ch
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