Environ un quart des familles monoparentales sont tributaires de l’aide sociale | © Thomas Plain/Caritas
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Environ un quart des familles monoparentales sont tributaires de l’aide sociale | © Thomas Plain/Caritas

Les Eglises bernoises disent 'non' à la révision de la loi sur l'aide sociale

28.04.2019 par Maurice Page

Les trois Eglises nationales du canton de Berne, ainsi que les communautés juives s’allient pour dire ‘non’ à la révision de la loi sur l’aide sociale soumise au vote populaire le 19 mai prochain. Pour elles, les restrictions prévues risquent de marginaliser encore davantage les plus pauvres.

L’aide sociale est le dernier maillon de la sécurité sociale. Elle garantit aux personnes qui, pour diverses raisons, ne peuvent pas subvenir à leurs besoins, une existence digne au sein de notre société, rappelle le communiqué commun des Eglises publié le 25 avril. La réduction envisagée du forfait d’entretien entraînerait une grave dégradation financière pour les personnes concernées. Elles seraient de plus en plus reléguées en marge de la société.

Un tiers d’enfants et d’adolescents

Protestants, catholiques-romains, catholiques-chrétiens et juifs soulignent aussi qu’environ un tiers des bénéficiaires de l’aide sociale sont des enfants et des adolescents. Cette aide leur permet de participer à la vie sociale et de maintenir la perspective d’une existence indépendante. Avec la révision de la loi, ce principe est remis en question, dénonce le communiqué.

Pauvres par leur propre faute?

La Constitution fédérale stipule que la dignité humaine doit être respectée et protégée, relèvent les Eglises. Or la révision de la loi bernoise suggère que les personnes touchées sont pauvres par leur propre faute. Et qu’il est possible de les réintégrer sur le marché du travail grâce à une pression financière.

Pour les Eglises, cette hypothèse est erronée. Près de 50% des personnes au bénéfice de l’aide sociale ne disposent d’aucune formation professionnelle. Or dans le canton de Berne, le taux de chômage réel des travailleurs non-qualifiés s’élève déjà à environ 11%. Le marché du travail bernois n’offre ainsi tout simplement pas suffisamment d’emplois convenables pour accueillir ces personnes.

Le dernier filet de sécurité

La révision de la loi ne tient pas non plus compte du fait que, ces dernières années, en raison des règles plus restrictives en matière d’AI, l’aide sociale est devenue le dernier filet de sécurité pour nombre de personnes qui ne sont pas dans un état de santé leur permettant de s’intégrer au marché du travail.

Pour ces motifs, les Églises nationales et les Communautés juives de Berne et de Bienne rejettent la révision de la loi sur l’aide sociale et appellent leurs membres à placer un ‘non’ dans les urnes.

Oui au projet populaire

En revanche, les organisations signataires soutiennent le ‘projet populaire pour une aide sociale efficace’. Ce texte aborde les principaux problèmes de l’aide sociale et formule des propositions concrètes à leur égard. Une meilleure intégration au marché du travail s’obtiendra avant tout par une qualification supplémentaire des personnes concernées. Dans le même temps, il est juste d’accroître les efforts en faveur des personnes actives d’un certain âge. Leur nombre à l’aide sociale a considérablement augmenté ces dernières années, concluent les Eglises. (cath.ch/com/mp)


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