Berne: Motion pour que les postes pastoraux soient rétribués par les paroisses

Les Eglises chrétiennes et les israélites s’opposent à ce projet

Berne, 25 mai 2012 (Apic) Financer les postes pastoraux par l’impôt ecclésiastique: telle est l’idée de la motion déposée au Grand Conseil par le député bernois Adrian Wüthrich début mai. Les trois Eglises chrétiennes reconnues et la communauté israélite mettent en garde sur les conséquences financières et appellent conjointement à rejeter la motion.

En lançant sa motion, le protestant Adrian Wüthrich avait affirmé que du fait que le canton paie les salaires pastoraux – qui représentent 75 millions de francs au budget 2012 – les Eglises n’ont aucune stimulation pour repenser leurs structures.

Invitées à prendre position, les communautés religieuses concernées ont d’une seule voix invité le Conseil d’Etat et le Grand Conseil à rejeter la motion.

Dans un communiqué diffusé le 25 mai, les Eglises réformées Berne-Jura-Soleure, l’Eglise nationale catholique-romaine du canton de Berne, la Commission catholique-chrétienne du canton de Berne et la Communauté d’intérêt des communautés israélites du canton de Berne ont mis en garde contre les conséquences financières de la motion. «Le changement de système entraînerait une charge supplémentaire pour les caisses de l’Etat et présenterait des difficultés juridiques quasi insurmontables», estiment-elles.

«Avec la Communauté d’intérêt des communautés israélites du canton de Berne, les Eglises nationales regroupent quelque 800’000 membres représentant 80% de la population, et jouent par conséquent un rôle important dans la vie sociale», relèvent les communautés religieuses. Si elle était appliquée, la motion de Adrian Wüthrich entraînerait «une séparation complète entre l’Eglise et l’Etat». Un tel changement de système, affirment les Eglises et la communauté israélite, serait «très aventureux du point de vue de la politique financière».

Une charge insurmontable pour l’Etat

«Le salaire des ecclésiastiques ne peut être détaché des autres éléments de coût», poursuivent-elles. Or, «les biens des Eglises représentent un patrimoine considérable, non seulement historique et culturel, mais aussi financier». Un patrimoine évalué entre 2 et 3 milliards de francs. «Le canton de Berne ne pourrait tout simplement pas se permettre d’accorder une compensation financière adéquate aux Eglises. En outre, la rémunération de l’intérêt de la fortune ecclésiastique depuis 1804 pèserait lourd dans l’addition», relèvent les communautés religieuses.

Selon elles, le canton de Berne a financièrement tout intérêt à poursuivre la prise en charge du traitement des agents pastoraux. «D’autant plus que le changement de système serait quasiment irréalisable du point de vue juridique et occasionnerait finalement davantage de coûts que d’économies pour le canton». Car si les salaires des ecclésiastiques étaient mis à la charge des paroisses, le canton devrait aider ces dernières à assumer les charges d’ordre social, culturel ou relevant de l’entretien du patrimoine qui leur incombent, concluent les trois Eglises et la communauté israélite.

Le rapport actuel entre Eglises et Etat remonte selon à 1804. A cette époque, le canton avait repris les biens des Eglises mais s’était engagé en contrepartie à verser les salaires des prêtres et des pasteurs. (apic/com/bb)

25 mai 2012 | 10:06
par webmaster@kath.ch
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