Québec: Près de 17 millions de francs pour la restauration du patrimoine religieux

«Les églises sont un lien entre notre passé et notre futur»

Montréal, 19 octobre 2010 (Apic) Une centaine de lieux de culte et autres bâtiments à vocation religieuse, construits avant 1945 et ayant une valeur patrimoniale significative, bénéficient d’un soutien financier des pouvoirs publics au Québec. Pour l’année 2010-2011, 17’840’000 de dollars canadiens (16,8 millions de francs suisses) serviront à la restauration et à la mise aux normes d’édifices du patrimoine religieux.

Au Québec, dans une province marquée par un fort sécularisme, il ne se passe cependant pas une semaine sans que l’on parle de fermeture ou de vente d’église et de démolition de couvents.

Si l’on compte encore actuellement quelque 3’000 églises et un millier de couvents au Québec, nombre d’entre eux sont condamnés à disparaître, faute de moyens financiers. Le 9 juin dernier, un collectif d’auteurs, incluant Daniel Turp, Jean-Paul L’Allier et Marc Hervieux, sonnait l’alarme concernant la précarité du patrimoine religieux québécois. Actuellement, le gouvernement du Québec investit abondamment dans la préservation du patrimoine bâti.

Pour la nationalisation des plus beaux édifices religieux

Or, estime le collectif d’auteurs, les fabriques d’église demeurent propriétaires des bâtiments. Elles peuvent donc disposer à leur guise, cinq années après l’octroi d’une subvention, d’un bâtiment dont les coûts d’entretien sont prohibitifs. Les signataires de l’appel désirent aussi qu’un comité d’experts s’attache à recommander la nationalisation des plus beaux lieux à titre de patrimoine collectif. En effet, «à quoi bon continuer d’investir de la sorte, si cinq ans après l’octroi d’une subvention, l’Eglise peut unilatéralement décider de se réapproprier ce patrimoine et d’en disposer à sa guise !», lancent-ils.

Depuis les débuts de la Nouvelle-France au 17e siècle, la religion et les manifestations populaires de la foi constituent une composante essentielle de la société québécoise. Mais au Québec, dans une région marquée par un fort sécularisme, il ne se passe pas une semaine sans que l’on parle de fermeture ou de vente d’église et de démolition de couvents.

Dans le cadre de l’aide du gouvernement du Québec pour la restauration des lieux de culte, l’église Sainte-Geneviève, à Berthierville, dans la région de Lanaudière, recevra une aide de 210’000 dollars canadiens et l’église de Saint-Paul 23’800 $. Michelle Courchesne, présidente du Conseil du trésor et ministre responsable de la région de Lanaudière, rappelle à cette occasion que «les églises sont le reflet de l’histoire de la société québécoise. Notre patrimoine religieux se veut un lien tangible entre notre passé et notre futur. Il est important de veiller à préserver cet héritage collectif, car il permet à toutes les générations de garder vivante la mémoire de nos ancêtres».

L’aide versée pour l’église Sainte-Geneviève permettra la restauration de la toiture et des clochers. Le coût total des travaux est estimé à 300’000 $. Quant à l’église de Saint-Paul, située dans la ville du même nom, la somme de 23’800 $ est accordée par le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, afin de restaurer l’œil-de-bœuf

240 M$ accordés en 15 ans dans le cadre d’un programme Aide aux immobilisations

Depuis 1995, le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine a accordé au Conseil du patrimoine religieux du Québec quelque 226 millions de francs suisses en vertu du programme «Aide aux immobilisations». En ajoutant la participation financière des communautés locales, quelque 335 millions de francs ont été investis jusqu’à maintenant dans la restauration des biens mobiliers et immobiliers les plus significatifs du patrimoine religieux québécois.

Les sommes annoncées proviennent du Plan québécois des infrastructures, rendu public en novembre 2007. Rappelons que le volet culturel de ce plan entraînera à terme des investissements de 1,2 milliard de dollars. Avec la participation des partenaires, la somme globale est évaluée à plus de 2 milliards de dollars et permettra au ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine d’accueillir un plus grand nombre de projets dans le cadre de ses programmes et de favoriser, comme il le fait avec les églises Sainte-Geneviève et Saint-Paul, le rayonnement des villes et des régions au Québec. (apic/rvm/ggc/be)

19 octobre 2010 | 12:32
par webmaster@kath.ch
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