France: La Conférence des évêques critique le projet de loi sur le mariage homosexuel
Les enfants, grands absents du débat
Lourdes, 8 novembre 2012 (Apic) La Conférence des évêques de France (CEF) a critiqué, le 8 novembre 2012, le projet de loi adopté un jour plus tôt par le gouvernement français autorisant le mariage des personnes de même sexe. Tout en reconnaissant le besoin de reconnaissance des personnes homosexuelles, le président de la CEF le cardinal André Ving-Trois, s’est réjoui des «nombreuses initiatives» prises par ses concitoyens pour s’opposer au projet du gouvernement.
«Les injures publiques et les arguments ad hominem laissent paraître chez certains la difficulté à accepter un véritable débat», a affirmé Mgr Vingt-Trois. Le cardinal a tenu, lors du discours de clôture de l’assemblée plénière de la CEF à Lourdes, à disculper l’Eglise de l’accusation d’homophobie. Il a souligné que «dénoncer la supercherie que serait un mariage entre personnes du même sexe n’empêche pas, au contraire, de comprendre le besoin de reconnaissance de personnes homosexuelles, besoin que ce supposé mariage ne satisferait d’ailleurs pas».
Le prélat a assuré qu’il y avait, pour les personnes homosexuelles un chemin vers la sainteté, sur lequel l’Eglise était «toujours disposée à les accompagner».
Encouragement à s’opposer
Le président de la CEF a particulièrement rappelé «les grands absents de cette discussion»: les enfants. Il s’est ensuite réjoui que «dans le cadre de la légalité et dans le respect des personnes», de nombreuses initiatives soient prises par «les croyants ou non croyants» pour s’opposer au projet du gouvernement «dans son état actuel». Pour Mgr Vingt-Trois, cet acte d’opposition est un «engagement pour la promotion d’un bien commun pour notre société».
Il a encouragé les catholiques du pays à «parler, à écrire, à agir, à se manifester», contre le nouveau texte de loi.
Au nom des évêques de France, il a regretté que «le choix du gouvernement polarise tellement les attentions sur un sujet qui reste second, si l’on tient compte des préoccupations prioritaires qui assaillent beaucoup de nos concitoyens, en raison des conséquences de la crise économique et financière». Le cardinal a souligné que, dans cette période difficile, le soutien de la cohésion familiale est plus que jamais nécessaire.
65% des Français pour le mariage gay
Le gouvernement français a adopté le 7 novembre 2012 le projet de loi sur le mariage et l’adoption pour les couples homosexuels, l’une des réformes sociétales les plus importantes en France depuis l’abolition de la peine de mort en 1981.
65% des Français approuvent le mariage homosexuel, contre 51% seulement en 1995. Il sont plus réservés en ce qui concerne l’adoption, approuvée par une courte majorité de 52%, indique un sondage du quotidien français «Le Monde» publié le 7 novembre 2012. (apic/com/rz)



