Kenya : Les activités gouvernementales bloquées depuis une semaine à la suite d’une crise au sommet
Les évêques catholiques appellent à une solution pacifique pour sortir le pays de l’impasse
Nairobi, 21 février 2010 (Apic) Les évêques catholiques du Kenya ont appelé à une solution pacifique pour sortir le pays de l’impasse politique actuelle dans laquelle se trouve le gouvernement de coalition, depuis une semaine. Le 6 février dernier, le premier ministre kenyan de l’opposition, Raila Odinga, avait suspendu deux membres du gouvernement accusés de corruption. Mais le président Mwai Kibaki s’est opposé à la mesure, préférant l’annuler. Cette situation a créé une tension politique.
Selon le Service d’information catholique pour l’Afrique (CISA), les deux ministres incriminés sont les ministres de l’Education, Sam Ongeri, et de l’Agriculture, William Ruto. Ils sont accusés de malversation financière dans leurs domaines de compétences respectifs. Le ministre de l’Education est éclaboussé par un scandale sur l’enseignement primaire gratuit (FPE). Celui de l’Agriculture, par une affaire concernant le maïs. Le chef du gouvernement voulait qu’ils quittent le gouvernement pour permettre à l’enquête en cours d’être bien menée.
Les deux ministres ont refusé la décision du premier ministre, indiquant qu’il n’avait aucun pouvoir à nommer ou renvoyer un ministre. Ils ont bloqué leurs bureaux, soutenus par le chef de l’Etat. Cette situation conduit à un blocage de l’action gouvernementale, depuis deux semaines, les ministres du Mouvement démocratique orange (ODM) du Premier ministre Odinga ayant boycotté les activités du gouvernement.
«La solution à l’impasse politique devrait être véritablement nationale. Nous devrions éviter d’avoir la communauté internationale en face, chaque fois qu’il y a crise, sans épuiser tous les mécanismes de règlement interne», ont-ils notamment souligné.
Pour une Commission Vérité, Justice et Réconciliation
Ils ont exprimé leur soutien total au processus de mise d’une Commission vérité, justice et réconciliation (TJRC), qui sera dirigée par Kiplagat de Bethwel, ancien diplomate, qui, selon les évêques, a été élu «légitimement». Ils ont appelé tous les kenyans à le soutenir.
De son côté, un «Panel» de l’Union africaine, composé d’éminentes personnalités africaines a lui aussi fait part de son «inquiétude face à l’impasse politique actuelle au Kenya et ses éventuelles conséquences sur la mise en œuvre de l’accord national», indique un communiqué publié par l’Agence France presse (AFP).
Le Panel est constitué, entre autres, du président Benjamin Mkapa (ancien chef de l’Etat de la Tanzanie), Graça Machel, épouse de feu le président Samuel Machel du Mozambique, Kofi Annan, ancien secrétaire général de l’ONU et médiateur dans la crise kenyane depuis les troubles post-électoraux de 2007-2008. (apic/ibc/js)



