Rome: Exploitation effrénée des ressources naturelles de l’Afrique

Les évêques d’Afrique dénoncent la Chine

Rome, 7 octobre 7 octobre 2009 (Apic) Les évêques d’Afrique ont condamné l’exploitation effrénée des ressources naturelles du continent par la Chine, lors du Synode sur l’Afrique qui se tient actuellement à Rome.

Mgr Lucius Iwejuru Ugorji, évêque d’Umuahia, au Nigeria, a condamné les sociétés multinationales qui «exploitent les ressources naturelles en Afrique», dans l’après-midi du 6 octobre au Vatican. Une accusation partagée par d’autres pères synodaux, avec la Chine en ligne de mire. Le prélat a également jugé que cette «exploitation imprudente» empêchait la paix et a appelé l’Eglise d’Afrique à «susciter une ›conversion écologique’».

Intervenant au cours de la 4e congrégation générale de la seconde assemblée spéciale pour l’Afrique du Synode des évêques, Mgr Iwejuru Ugorji a ainsi condamné les «sociétés multinationales» qui «exploitent les ressources naturelles en Afrique d’une manière sans précédent dans l’histoire». «Elles épuisent les ressources accumulées au cours d’une longue période, a-t-il poursuivi devant quelque 220 pères synodaux, sans se soucier du fait que les générations futures seront ainsi privées de tout moyen de subsistance».

Par la suite, plusieurs évêques ont affirmé lors des interventions libres que «les Chinois exploitent les ressources, parfois sans être invités», et que «les multinationales chinoises détruisent tout».

Aux yeux de Mgr Iwejuru Ugorji, «cette exploitation imprudente de l’environnement a un impact négatif sur les Africains et menace leurs perspectives de pouvoir vivre en paix». «La dégradation de l’environnement en Afrique est liée à ce problème», a-t-il ajouté avant de préciser que «des pays sont détruits par la déforestation, les marées noires, les décharges de produits toxiques, de récipients en plastique».

En outre, selon l’évêque nigérian, «l’érosion d’origine humaine balaie les terres arables, dévaste les routes et ensable les sources d’eau». «Ces facteurs appauvrissent ultérieurement les communautés africaines et augmentent les tensions et les conflits», a-t-il estimé.

Mgr Iwejuru Ugorji a alors affirmé que «les défis écologiques actuels sont le résultat des péchés de l’homme : l’égoïsme, l’avidité, le manque de sensibilité envers les dégâts environnementaux et le manque de soin envers la terre». Il a enfin avancé que «l’Eglise en Afrique doit susciter une ›conversion écologique’ à travers une éducation intensive».

Interrogé par I.Media, Mgr Simon Ntamwana, évêque au Burundi, a estimé que «le réchauffement de la planète n’est pas nécessairement dû aux activités des Africains, qui sont par conséquent des victimes». Abordant le thème de la réconciliation, l’un des 3 grands thèmes du synode avec la justice et la paix, Mgr Ntamwana a fait le lien avec l’écologie en insistant sur l’importance de «se réconcilier» avec «l’écosystème». (apic/imedia/lb/pr)

7 octobre 2009 | 16:45
par webmaster@kath.ch
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