Les évêques des provinces ecclésiastiques de Miami et d’Atlanta, premier groupe d’évêques américains en visite «Ad limina» étaient à Rome du 29 mars au 4 avril 2004.L’Apic a rencontré Mgr John-Francis Donoghue, archevêque d’Atlanta,

Apic: Quels sont les principaux défis de vos diocèses du sud-est des Etats- Unis?

Mgr Donoghue: Le grand problème que nous avons dans le sud est la croissance de l’Eglise catholique. Nous avons actuellement 370’000 anglo- catholiques, soit deux fois leur nombre d’il y a dix ans, et probablement autant, sinon plus, d’hispano-catholiques, soit trois fois leur nombre d’il y a dix ans. Le problème est de savoir comment gérer cette croissance, notamment au niveau du nombre de prêtres. Les autres diocèses du sud-est des Etats-Unis doivent faire face au même défi. Mgr Robert Joseph Baker, l’évêque de Charleston en Caroline du sud, a ainsi 14 paroisses sans prêtres. Certains doivent se rendre dans trois ou quatre paroisses par jour. Dans notre diocèse, nous avons beaucoup de chance car j’y ai ordonné 84 prêtres en dix ans

Apic: Vos diocèses faisant partie de la ’Bible belt’ (terre protestante), comment vous situez-vous par rapport aux protestants?

Mgr Donoghue: Les protestants sont très nombreux. Presque tout le monde dans le sud était protestant pendant de très nombreuses années, et les catholiques formaient une petite minorité. Aujourd’hui, nous formons le second groupe chrétien en Géorgie, après les baptistes. Nous sommes plus nombreux que les méthodistes, les anglicans ou les presbytériens contrairement à il y a dix ans. Jusqu’ici, nous relevons le défi en construisant de nouvelles écoles, de nouvelles paroisses.

Apic: Comment qualifieriez-vous votre rapport à Rome, en tant qu’Eglise américaine?

Mgr Donoghue: Nous sommes tous prêtres et tous évêques, et avons donc un lien naturel avec ceux qui travaillent dans les dicastères et qui sont presque tous prêtres. De plus, même s’ils viennent de différents endroits et parlent différentes langues, ils sont là pour nous aider. Je ne me sens pas du tout loin du Vatican. Je pense que chaque évêque a accès à Rome quand il le souhaite. Un évêque qui a un problème peut prendre un avion et venir à Rome.

Apic: Vous avez recommandé à vos fidèles de voir La Passion de Mel Gibson, n’avez-vous pas trouvé le film violent?

Mgr Donoghue: J’ai rencontré Mel Gibson l’été dernier et il nous a fait voir le film. Je pense qu’il a fait un excellent travail, qu’il n’y a rien d’antisémite dedans. Le film suit de près l’Evangile. J’ai encouragé tout le monde à le voir car il donne une magnifique image de ce que le Christ a enduré pour notre salut. Je ne connais personne qui ait vu ce film avec moi qui n’ait pas été ému par ce que les images disaient. Certes, le film est violent, et c’est pourquoi je déconseillerais que les enfants aillent le voir, ce serait trop violent et trop perturbant émotionnellement. Si certains sont mûrs, pour la plupart ce serait traumatisant de voir un être humain souffrir autant. Pour un adulte, le film est dur à regarder, mais il sait que c’est un film. (apic/ar/imedia/pr)

9 avril 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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