Un appel à la justice, à la responsabilité et à la conversion
Les évêques européens après les attentats contre les Etats-Unis
Bruxelles, 18 septembre 2001 (APIC) Les attentats du 11 septembre contre les Etats-Unis ont suscité une réaction commune des évêques catholique de l’Union européenne. La présidence de la COMECE, où sont représentés les évêques des quinze pays membres de l’Union européenne, lance à tous les dirigeants en Europe un appel à la justice, à la responsabilité et à la conversion.
«Il s’avère au début du nouveau millénaire que le mal reste un compagnon permanent de l’humanité», disent les évêques. «La religion ou la foi ne peuvent en aucun cas justifier les attentats aux Etats-Unis. Celui qui vise la mort d’êtres humains, qui couvre ou qui tolère cette attitude ne peut pas prétendre agir au nom de Dieu. Ni dans le christianisme, ni dans l’islam ni dans le judaïsme il n’y a de justification à la violence et à la destruction. Il n’y a pas de théologie de la terreur. Nous condamnons ces actions».
Les évêques de la se tournent vers les responsables politiques de l’Union Européenne et de ses Etats membres pour lancer un triple appel à la justice, à la responsabilité et à la conversion des coeurs. «Tous ceux qui sont responsables des attentats doivent être identifiés et punis. Notre sentiment collectif de la justice serait bafoué si, face à la souffrance indicible, on ne demandait pas des comptes à ceux qui l’ont causée et y ont incité. Les critères habituels semblent inadéquats pour prendre la mesure des attentats terroristes de New York et de Washington. L’usage massif de la force doit être exclu comme réaction pour rétablir le droit et la justice».
Pour les évêques, les hommes d’Etat responsables se trouvent ici confrontés à des questions de conscience des plus difficiles. «C’est pourquoi nous prions les responsables politiques au sein de l’Union européenne d’essayer de tout faire pour empêcher le début d’une spirale de revanche et de guerre».
La cause des conflits
«Une injustice terrible et inouïe a été commise. Mais d’autres injustices existent aussi dans le monde entier; elles sont la cause des conflits politiques et sociaux. La division du monde se manifeste avant tout entre la richesse et la pauvreté, et non entre les religions et les cultures. La réponse à l’enjeu actuel est une nouvelle politique du développement des pays les plus pauvres. La recherche de nouvelles structures mondiales plus justes et la réduction des inégalités matérielles passe par la recherche de nouvelles formes de gouvernance mondiale. Le plus grand danger serait de renoncer à la vision d’un monde juste et réconcilié. Le but de la mondialisation n’est pas le bien-être de quelques-uns, mais la justice pour tous».
Les évêques mettent enfin en garde contre toute accusation collective. «Les attaques aux Etats-Unis ont été barbares – elles ont porté de manière directe et globale contre la civilisation d’inspiration judéo-chrétienne et musulmane. Nous refusons avec force tout jugement global contre la religion et culture musulmanes».
Responsabilités
«La puissance et la richesse occidentale et leurs symboles ont fait naître l’inimitié et la haine, insistent encore les évêques. Ces symboles de richesse et de puissance contrastent fortement avec la misère et l’impuissance de beaucoup d’hommes pour lesquels l’Occident semble avoir un coeur de pierre. C’est pourquoi nous sommes convaincus, qu’en dernier lieu, il n’y aura pas d’autres voies vers la paix qu’une conversion à la solidarité.
Aussi, les évêques de la COMECE proposent-ils d’intensifier la coopération avec les pays de la Méditerranéenne au sein du «processus de Barcelone», qui doit absolument inclure Israël. «Les efforts pour le dialogue interreligieux dans cette région doivent être intensifiés et méritent plus de soutien de la part des politiques. De plus, nous demandons à nos chefs d’Etats et de gouvernement de déterminer, lors du Conseil européen de Laeken en décembre prochain, une méthode et un calendrier pour atteindre l’objectif de consacrer 0,7 % du PIB pour l’aide au développement.
La déclaration est signée par le président de la COMECE, Mgr Josef Homeyer, évêque de Hildesheim (Allemagne) ; par les vice-présidents, Mgr Adrianus van Luyn, évêque de Rotterdam (Pays-Bas) et Mgr Attilio Nicora, délégué de la Conférence épiscopale italienne ; et par Mgr Noël Treanor, secrétaire général de la Commission. (apic/cip/pr)



