Philippines: L’Eglise catholique dit non à la poldérisation de la baie de Manille
Les évêques inquiets pour l’environnement et les populations côtières
Manille, 17 décembre 2013 (Apic) 21 évêques catholiques philippins, le cardinal et archevêque de Manille en tête, demandent l’annulation du projet de poldérisation de la Baie de Manille. Dans une lettre ouverte au président Benigno Aquino, les prélats avertissent des «conséquences dramatiques» que ces poldérisations auront sur l’environnement et les populations côtières.
Les évêques expriment, arguments à l’appui, leurs profondes réserves concernant 38 projets en cours visant à ‘réaménager’ totalement la Baie de Manille, en gagnant de vastes surfaces sur la mer, rapporte le 16 décembre 2013 Eglises d’Asie (EdA), l’agence d’information des Missions Etrangères de Paris.
S’appuyant sur des études scientifiques, les 21 prélats avertissent que les aménagements aggraveront les inondations catastrophiques qui touchent déjà régulièrement les régions concernées. Cela s’est déjà vérifié lors de précédents projets du même type, dans le pays.
Les terrains gagnés sur la mer seront encore plus exposés aux pluies violentes et à la soudaine montée des eaux qui accompagnent les typhons, comme ce fut le cas lors du cyclone Haiyan qui a ravagé le centre du pays en novembre dernier.
Alliance entre écologistes et catholiques
Enfin, poursuivent les auteurs de la lettre, la poldérisation des terres aura pour conséquence l’infiltration progressive d’eau dans la terre qui, sous forme de boue liquide et instable entourant les fondations des habitations, ne laissera à ces dernières aucune chance de résister aux tremblements de terre de forte magnitude qui secouent régulièrement ces régions.
Des avertissements qui rejoignent les avis fortement négatifs émis par les organisations écologistes lors du lancement des premiers projets.
Cela fait des années que les organisations écologistes, l’Eglise catholique et des ONG internationales exhortent ensemble le gouvernement à concentrer les efforts de développement sur les richesses culturelles déjà existantes autour de la Baie de Manille plutôt que de mettre le littoral en danger.
Ce sont aussi les illégalités juridiques dans la mise en place des projets que critiquent les évêques. La Baie de Manille a en effet été déclarée réserve naturelle nationale. De nombreux sites concernés sont également inscrits sur la liste mondiale des zones humides protégées. (apic/eda/rz)



