Suisse: La CES clôt sa 306e assemblée plénière et s'envole pour Rome

Les évêques suisses rencontreront le pape le 1e décembre 2014

Berne, 27 novembre 2014 (Apic) La préparation de la visite «ad limina apostolorum» à Rome, en décembre 2014; la «maturation» des réflexions autour du synode sur la famille; ou encore une prise de position claire concernant le projet d’admission du diagnostic préimplantatoire par le Parlement: autant d’éléments abordés par les évêques suisses du 24 au 26 novembre 2014 à Delémont. Au lendemain de cette 306e assemblée ordinaire, Mgr Markus Büchel, président de la CES, est revenu devant la presse sur les «principaux points» discutés en plénum.

«Cette année, nous rencontrerons le pape François au premier jour de notre visite. Nous attendons de cette rencontre qu’elle stimule spirituellement l’épiscopat et l’Eglise en Suisse. Nous nous réjouissons de cette visite ad limina qui, au-delà de son aspect formel, sera également le lieu d’un dialogue où nous pourrons poser nos questions et répondre à celles de nos homologues».

Du 1e au 5 décembre, le rythme sera soutenu pour les évêques. Messe sur le tombeau de l’apôtre Pierre, audience avec le pape François, entretiens dans 21 congrégations et conseils pontificaux et temps de prière jalonneront la visite romaine de l’épiscopat suisse. Tout ce qui fait la vie de l’Eglise en Suisse sera au cœur des discussions, affirme Mgr Büchel, notamment les revendications de l’alliance «Es reicht» (»ça suffit»), un groupe d’opposition catholique – à l’écho retentissant outre Sarine – qui milite pour l’accès des femmes au sacerdoce, la suppression du célibat obligatoire des prêtres, ou encore une réforme de la morale sexuelle de l’Eglise. «Cette initiative que poursuivent certains catholiques alémaniques sera certainement présente dans nos discussions», assure Mgr Büchel. Si ces questions ne font pas partie d’un protocole, elles seront abordées librement au fil des échanges.

La «décantation» du synode sur la famille

Les évêques ont également évoqué le synode sur la famille auquel Mgr Büchel a participé du 5 au 19 octobre dernier. Devant la presse, l’évêque de Saint-Gall est revenu sur le processus de «décantation» qui suit les débats. «Il faut désormais laisser mûrir les idées émises à travers le message du synode, la ‘relatio synodi’, ainsi que le discours de clôture du pape François». L’évêque de Saint-Gall a également souligné la complexité des structures familiales et leurs enjeux, bien différents, selon les régions du monde.

L’épiscopat suisse a par ailleurs souhaité s’engager activement en faveur des chrétiens en Irak et en Syrie. «Nous avons des contacts avec tous les évêques syriens», a affirmé Erwin Tanner, secrétaire général de la CES. «C’est plus difficile en Irak, nous ne savons pas où sont actuellement certains évêques. Nous sommes en contact avec ces communautés et cherchons à savoir comment nous pouvons les aider concrètement. Nous souhaitons qu’ils puissent avant tout rester enracinés dans leur propre terre», a-t-il ajouté.

Questions bioéthiques

Les évêques ont également abordé les questions bioéthiques actuellement débattues sous la coupole fédérale. Deux objets ont particulièrement retenu leur attention: l’admission du diagnostique préimplantatoire (DPI), qui sera soumis au peuple, ainsi que la révision de la loi sur la procréation médicalement assistée (PMA) qui, pour sa part, relève d’un référendum facultatif. Dans ces domaines, l’épiscopat soutient des «solutions techniques qui respectent la vie humaine dans son intégralité».

«Une société n’est humaine au vrai sens du terme que lorsqu’elle se montre capable d’accorder à chaque être humain pleine dignité et totale protection, qu’il soit fort ou faible, petit ou grand, malade ou en bonne santé», affirment les évêques. «Forte de ce principe humain et conforme à l’Evangile, l’Eglise catholique refusera toujours de considérer le tri, la sélection et l’élimination d’êtres humains comme un progrès. Elle plaide au contraire en faveur de solutions techniques qui respectent la vie humaine dans son intégralité.»

Dans une réaction à la prise de position de la commission nationale d’éthique (CNE) au sujet de la procréation médicale assistée, la Commission de bioéthique de la CES affirmait, en février dernier, que le DPI et la GPA procédaient notamment d’un refus de la souffrance – «celle de la stérilité pour les PMA et la GPA, ou celle générée par le présence d’un enfant handicapé pour le DPI». Or, la souffrance est «une donnée anthropologique fondamentale». S’il est légitime de la «combattre partout où cela est possible», il est illusoire de chercher à l’éradiquer dans l’absolu. L’enjeu est dès lors social. Il s’agit, selon la Commission de bioéthique, d’étendre la solidarité d’une société jusque dans la traversée de difficultés «que l’on aura accepté de ne pas pouvoir totalement éliminer».

Année de la vie consacrée

Au seuil de l’ouverture de l’année de la vie consacré, le 30 septembre 2014, les évêques ont également adressé une lettre aux religieuses et religieux suisses dans laquelle ils expriment leur reconnaissance et leur estime envers «ce mode de vie qui a pu permettre à tant d’hommes et de femmes d’être heureux, épanouis et créatifs» – une mode de vie qui est également une «provocation» pour l’homme moderne, selon les évêques.

Lors de la conférence de presse, le président de la CES a enfin révélé que les évêques inviteront tous les prêtres, le 9 novembre 2015, cinquante ans après le décret conciliaire sur «Le ministère et la vie des prêtres» (Presbyterorum ordinis), pour une «journée des prêtres» qui aura lieu dans chaque région linguistique.

Encadré:

Une première pour Mgr Lovey

L’évêque de Sion, Mgr Jean-Marie Lovey, participait pour la première fois en tant qu’évêque ordonné à l’assemblée ordinaire de la CES. Evoquant les difficultés de communications liées à son niveau d’allemand, Mgr Büchel a affirmé: «Nous sommes conscients que Mgr Lovey est francophone, mais il comprend l’allemand. Il n’a aucune peine à suivre les discussions». «C’est une personne remarquable, lucide et très ouverte», a affirmé pour sa part Erwin Tanner. «Il a été très bien accueilli. Lorsqu’il dit quelque chose, sa parole a du poids. Il s’agit d’un homme profondément spirituel et cette dimension apporte beaucoup dans les échanges». (apic/com/pp)

27 novembre 2014 | 17:16
par webmaster@kath.ch
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