Rome: Les réformateurs de la curie découvrent des centaines de millions d'euros mis de côté
Les finances du Vatican sont meilleures que prévues, assure le cardinal Pell
Rome, 4 décembre 2014 (Apic) Les prélats chargés de réformer la curie ont récemment découvert l’existence de centaines de millions d’euros qui n’apparaissaient pas dans le bilan annuel du Vatican. Le cardinal George Pell, préfet du nouveau Secrétariat pour l’économie, souligne que les finances du Vatican sont ainsi meilleures que prévues.
«Il est important de relever que le Vatican n’est pas fauché. A l’exception de la caisse de pension, qui devra être renforcée dans les 10 ou 15 ans, le Saint-Siège peut sans problème régler ses factures. L’institution possède en outre des actifs et un capital substantiels», a déclaré le 3 décembre 2014 le cardinal Pell au magazine britannique «Catholic Herald».
«En fait, nous avons découvert que la situation était beaucoup plus saine que ce qui semblait être, parce que quelques centaines de millions d’euros ont été mis de côté dans des comptes de secteurs particuliers et n’apparaissaient pas sur le bilan annuel», a précisé le prélat australien.
Combat contre les habitudes
Selon le cardinal, les réformateurs de la curie ont dû se battre contre «un sens de l’indépendance très fortement ancré au sein des départements du Vatican». Il explique que les congrégations, les conseils et spécialement la Secrétairerie d’Etat «jouissait et défendait une saine indépendance». Le prélat relève que, jusqu’à une période récente, la coutume voulait que les problèmes soient gardés «à la maison» et que très peu de fonctionnaires étaient enclins à communiquer ce qui se passait à l’intérieur des dicastères, «sauf quand ils avaient besoin d’une aide extérieure».
Le prélat australien souligne que pendant des siècles, des personnages sans scrupules ont tiré avantage de la naïveté financière et du caractère secret des procédures du Vatican. Pour lui, les mécanismes financiers étaient mal régulés et faisaient en sorte que «l’on avançait en titubant, sans se soucier des standards modernes de gestion». Le cardinal assure que ce n’est plus le cas. «De nouvelles structures et organisations conduisent les appareils financiers du Vatican dans le XXIe siècle. Elles rendent le travail transparent, dans un esprit de complète responsabilité».
Une Eglise pour les pauvres, mais pas pauvrement gérée
Le secrétaire pour l’économie a rappelé que les donateurs s’attendaient à ce que leur argent soit géré de façon honnête et efficace, afin que les finances servent à optimiser les actions de l’Eglise, en particulier dans le domaine de l’évangélisation et de l’aide aux plus pauvres. «Une Eglise pour les pauvres ne devrait pas être pauvrement gérée», a lancé le cardinal Pell.
Il a également souligné que l’engagement d’experts laïcs constituait une partie fondamentale des réformes financières. L’an prochain, le Vatican nommera un laïc au poste d’auditeur général. Ce nouveau fonctionnaire rendra des comptes au pape, mais sera autonome et habilité à conduire, à tout moment, des audits de n’importe quel département du Saint-Siège.
«Ces réformes sont destinées à rendre les institutions financières du Vatican si efficaces qu’elles en deviendront ennuyeuses et cesseront d’attirer l’attention de la presse», a lancé le cardinal Pell.
Le prélat australien a également révélé que certains cardinaux et évêques de par le monde s’étaient déclarés intéressés par les nouvelles procédures mises en place par le Saint-Siège, estimant pouvoir s’en inspirer pour leurs propres services financiers. (apic/cathher/rz)



