Philippines: La responsable d'Action de Carême pour le pays témoigne des ravages du typhon
Les gens ont un urgent besoin d’aide
Cebu City, 19 novembre 2013 (Apic) La Suisse doit se montrer solidaire et généreuse envers les victimes du typhon Haiyan, demande Helena Jeppesen, responsable pour les Philippines de l’œuvre d’entraide catholique suisse Action de Carême (AdC). Helena Jeppesen s’est entretenue avec l’agence Apic, avant de se rendre au cœur de la région sinistrée. Le typhon «Haiyan», qui a dévasté les Philippines le 7 novembre dernier, est un des plus forts à avoir jamais frappé la terre ferme.
Malgré des liaisons téléphoniques très perturbées, l’Apic a réussi, à l’aide de courriels et de SMS, à s’entretenir avec Helena Jeppesen à Cebu, une ville du centre des Philippines, touchée par le cyclone.
La travailleuse humanitaire est en fait arrivée aux Philippines début novembre pour visiter des organisations soutenues par AdC. L’annonce de l’arrivée du typhon l’a obligée à modifier son programme de voyage. Au moment où Haiyan ravageait le centre des Philippines, Helena Jeppesen se trouvait sur l’île de Mindanao, plus au sud, qui n’a pas été touchée par le cyclone. Les intempéries y ont tout de même été très intenses. «Nous étions en réunion avec tous nos partenaires de projet, lorsque je fus prise d’une vive inquiétude quant à l’avenir de ces projets», a témoigné la responsable d’AdC.
Actuellement, il est encore difficile d’évaluer où sont les besoins les plus importants. Certaines régions ne transmettent encore aucune donnée quant à leur situation. Il est néanmoins certain que la ville de Tacloban, avec ses plus de 200’000 habitants, est en état d’urgence. Là-bas, il y a beaucoup de victimes. Les survivants attendent maintenant de la nourriture, des abris et une assistance médicale. L’aide de l’Etat ne se met en place que lentement. Les îles de Samar, Panay et Palawan sont très durement touchées. Après le passage du typhon, la région a encore subi de fortes pluies. Les gens sont désespérés et ont faim.
Evacués à temps
Deux projets d’AdC sont «très durement affectés» par les dévastations. Plus de 1’000 familles sont atteintes. L’un des projets assiste des familles de pêcheurs de l’île de Samar, l’autre aide des petits paysans de Panay. Les deux projets concernent la sécurité alimentaire. De nombreuses maisons ont été partiellement détruites, les récoltes sont perdues. Heureusement, dans les zones où les projets sont développés, aucune victime n’est à déplorer, indique Helena Jeppesen. «Cela grâce à la formation que nous donnons depuis des années à nos partenaires pour se préparer aux situations de catastrophe, et faire en sorte que les dégâts soient aussi limités que possible». Dans les deux zones de projets, les gens ont été évacués bien à l’avance. A Samar, les bateaux et les outils de pêche ont été mis en sécurité. Les dégâts matériels ont ainsi été modérés.
«Une situation récurrente, au cours des dernières années»
En coopération avec la coordinatrice locale de l’AdC, une évaluation des dommages avec les organisations partenaires va maintenant être effectuée. Dans le même temps, la première aide d’urgence va être planifiée.
L’AdC n’est normalement pas active dans la distribution d’aide d’urgence. L’organisation se concentre avant tout sur les droits de l’homme, la foi, la justice et la sécurité alimentaire. Nous offrons une aide d’urgence uniquement lorsque les partenaires de projets sont touchés, «ce qui a été régulièrement le cas aux Philippines ces dernières années», relève la coopératrice au développement.
Les gens aident comme ils peuvent
«Je voudrais appeler les Suisses à la solidarité, et en particulier les Eglises», déclare Helena Jeppesen. La contribution des Eglises aux Philippines est actuellement «immense», assure-t-elle. Elles hébergent des milliers d’évacués dans leurs infrastructures, distribuent l’aide d’urgence, tentent de prodiguer des soins médicaux. Elles s’occupent également d’enterrer les morts.
«Tout cela est impressionnant quand ont sait à quel point les gens d’ici ont tous été eux-mêmes touchés», relève la responsable d’AdC. «Aujourd’hui, j’ai entendu parler d’une communauté de religieuses qui abrite 22 familles dans leur petite maison. Ceci alors que le bâtiment a été endommagé par le typhon et qu’elles manquent de nourriture et d’eau». Le 14 novembre, Helena Jeppesen s’est rendue au cœur des zones sinistrées.
Pour en savoir plus: www.fastenopfer.ch/haiyan
(apic/gs/job/rz)



